5 mois de baisses boursières, faut-il s'inquiéter pour les prochains mois?

À combien se chiffre la récente correction?

Le sommet des bourses a été atteint le 5 mars 2004 et 5 mois se sont écoulés depuis. Une baisse moyenne de 7.8% des différents indices a été enregistrée. Seul le secteur de l'énergie est en partie épargné avec un recul de 0.6%, ce qui n'est pas surprenant avec le gonflement du prix du cours du pétrole. Même le marché obligataire a reculé de 2% pour la même période, les marchés financiers anticipant des hausses des taux d'intérêts.

Est-ce le début d'un marché boursier baissier qui s'annonce?

Au cours des trente dernières années des corrections boursières de plus de 5% ont lieu a peu près à toutes les années, cela même dans les années où la bourse affichait des rendements élevés. Nous ne croyons pas qu'un long marché baissier débute parce qu'il y a plus de facteurs économiques favorables que défavorables qui stimuleront les marchés. Nous résumons dans notre tableau de répartition des actifs les principaux indicateurs qui ont de l'influence sur les bourses. Pour un portefeuille équilibré, la pondération neutre investie en actions est de 55%. La pondération proposée en actions peut varier dans une fourchette de 40% à 70%. Nous suggérons aux investisseurs d'être investis à 65% actuellement en actions, ce qui démontre notre optimisme modéré. L'indicateur le plus négatif est celui du prix de l'énergie.

Qu'est -ce qui a provoqué ces corrections?

Durant les mois, du 5 mars au 17 mai, la correction était tout à fait naturelle dans le sens qu'elle correspondait à une prise de profit normale dans un contexte où le marché boursier avait grimpé pendant 12 mois consécutifs. Par la suite, le marché a repris un peu de gain alimenté par le secteur financier canadien. Les bourses ont de nouveau baissé plus tard en juillet jusqu'au 6 août. Les analystes étaient d'avis que les bourses étaient survendues. Par la suite, les inquiétudes portaient principalement sur 2 points, soit le prix élevé du coût de l'énergie et les statistiques sur la création de l'emploi aux États-Unis .

Examinons chacun des points :

Faut-il s'inquiéter de la hausse du prix du pétrole?

Un prix du pétrole à 35$ est souhaitable à 45$. En fonction de l'équilibre de l'offre et de la demande, le prix du baril devraient se situer autour de 35$, ce prix tient compte de la demande élevée en énergie des Chinois et des Indiens. L'excédent demeure de la spéculation souvent provoquée par les fonds de couverture des risques sur des risques souvent exagérés. Les analystes estiment que si le prix du pétrole se maintient trop élevé cela aura comme conséquence de ramener la croissance mondiale prévue du PNB mondial (G7) de 4.5% à 4.0%, ce qui est quand même très élevé comme niveau de croissance si on le compare à la norme historique de croissance de 2,8%. Cela aurait un impact négatif sur la hausse des profits. Le marché boursier calcule déjà largement ces impacts dans le prix des cours actuels. La bonne nouvelle est que, malgré la hausse des prix de l'énergie, l'inflation est sous contrôle. Le niveau de l'inflation n'a été que de 2.4% sur une base annuelle au mois dernier. Les gains de productivité et l'importation à moindres frais des produits étrangers limitent le niveau de l'inflation. Une inflation hors contrôle aurait toute une autre conséquence sur les taux d'intérêt et la croissance de l'économie. Comme la demande du pétrole est saisonnière, l'automne la demande baisse. Certains stratèges comme William Sterling anticipent le prix du baril jusqu'à 25$ sur de courtes périodes.

Le plafonnement de la croissance économique américaine est-il menaçant?

Les statistiques économiques américaines sont pour la plupart favorables. Environ 30 statistiques importantes sont publiées à chaque mois, elles indiquent clairement que le rythme élevé de la croissance ne peut se maintenir au niveau qu'elle connaît depuis un an. Un ralentissement de la croissance s'impose.

Et les élections américaines?

Nick Majendie a effectué une excellente recherche concernant le rendement des indices boursiers durant la seconde année des élections présidentielles Par conséquent, de 1928 à 2000, le S&P 500 a affiché un rendement annuel moyen de 9,0 %, dont un gain de seulement 1,3 % dans la première moitié. Selon Nick Majendie, La Bourse canadienne pourrait progresser de 20% d'ici 12 mois. La Bourse américaine connaîtra son sommet dans les 2 derniers mois de 2004.

William André Nadeau
Responsable de la répartition des actifs pour Orientation Finance



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