Le cycle économique mondial est-il sur le point d'amorcer un revirement ?

Selon William Sterling ; Le modèle de la Fed / Les dépenses d’investissement sont élevées.

*Source : Extrait de la chronique mensuels de William Sterling, www.cifunds.ca

Notre opinion touchant la conjoncture économique et les marchés mondiaux demeure très positive et nous croyons que les marchés devraient continuer de progresser pendant longtemps encore. Pourquoi ? Tout d’abord, l’économie mondiale poursuit son regain de vigueur dans un contexte de politiques monétaires favorables aux marchés appliquées par les banques centrales. En outre, les évaluations relatives continuent de favoriser les actions par rapport aux placements à revenu fixe (voir le graphique 1) et les liquidités sont amplement suffisantes pour permettre aux marchés boursiers de pour permettre au marchés boursiers de poursuivre leur remontée au cours de l’année qui vient.


Graphique 1 : Le modèle de la Fed, qui compare simplement le rendement des actions à celui des obligations d'État à 10 ans, montre que les actions sont encore sous-évaluées de près de 25 % par rapport aux obligations.

Vous étiez persuadé que la Réserve fédérale américaine ne hausserait pas ses taux d’intérêt pendant la majeure partie de 2004. Les plus récentes données économiques modifient-elles cette opinion ?

R. Oui. Nous croyons maintenant que la probabilité que la Réserve fédérale américaine augmente ses taux d’intérêt au cours du premier semestre de 2004 est plus élevée. Le récent rapport sur le PIB des États-Unis est vraiment renversant. Il y a à peine six mois, de nombreux économistes de Wall Street affirmaient qu’une récession au cours du deu-xième semestre de 2003 était probable. Pourtant, le taux de croissance de 7,2 % au cours du troisième trimestre contredit cette affirmation et confirme que les mesures économiques et fiscales mises en oeuvre l’an dernier ont commencé à porter fruit et à susciter une reprise durable.

En outre, la composition des données indique une forte probabilité de croissance soutenue. D’une part, les dépenses d’investissement ont été élevées. D’autre part, les stocks, qui demeurent peu importants, devront presque certainement être reconstitués au cours des prochains trimestres, ce qui devrait stimuler les dépenses d’investissement et la création d’emplois qui, à son tour, devrait permettre à la croissance économique de se poursuivre pendant une bonne partie de 2004. De plus, bien que le rapport sur le PIB n’ait pas fait explicitement état de bénéfices, il est très probable que les bénéfices dans leur ensemble ont surpassé d’environ 30 % ceux de l’année précédente. Voilà qui devrait également contribuer à la hausse des dépenses d’investissement et à la création d’emplois.

La croissance du PIB s’est produite dans un contexte de hausse des prix des matières premières (voir le graphique 2) et d’important rebond de plusieurs économies étrangères. Le Japon s’attend à une hausse de près de 9 % de sa production industrielle pour la période de septembre à novembre. La Chine connaît également une expansion continue, son PIB augmentant de près de 9%, et les exportations japonaises vers la Chine se portent très bien. Même les pays européens font état d’un regain de confiance au sujet de l’économie. De fait, la Banque d’Angleterre est tellement optimiste qu’elle a récemment augmenté ses taux pour la première fois depuis l’année 2000.


Graphique 2 : Les craintes de déflation en prennent pour leur rhume. Les cours des matières premières ont augmenté de 20 % cette année, reflétant une reprise importante de la croissance mondiale.

  • La Réserve fédérale américaine se préoccupant non seulement de la stabilité des prix mais également du maintien du niveau d’emploi, il est clair qu’elle n’augmentera pas les taux d’intérêt tant et aussi longtemps qu’elle ne sera pas convaincue que le marché de l’emploi connaît une reprise durable.
  • Le déficit américain se situant actuellement autour de 500 milliards de dollars, il est pro-bable que les États-Unis poursuivront leur politique monétaire ayant pour objet une devise faible afin de ne pas favoriser les importations et d’augmenter leur compétitivité en matière d’exportations. Il ne serait donc pas étonnant que la devise américaine ait entamé, il y a environ un an, une période baissière de plusieurs années.

Pour conclure, nous continuons de croire que la croissance économique mondiale demeu-rera le facteur le plus important en 2004 et nous avons positionné nos fonds en conséquence. Il y a toujours des risques, évidemment, mais nous sommes persuadés que l’évaluation de la plupart des marchés boursiers est raisonnable et que le climat qui y règne est loin d’être aussi euphorique qu’il y a quelques années. Notre conclusion est simple : il existe plus qu’assez d’occasions de reprise des marchés boursiers mondiaux.

William Sterling, Stratège mondial,
Trilogy Advisors, LLC

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