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Optimisme
au sujet des bourses en 2004 selon William Sterling
Source : Extrait de la chronique mensuelle de
William Sterling.
Les grandes
lignes
- Les dépenses
en capital devraient augmenter en 2004 en raison d’une chute importante
des taux d’emprunt pour les entreprises.
- Le marché
boursier américain a dégagé des rendements annualisés
moyens de 25 % au cours des six mois suivant une zone de panique comparativement
à des rendements de 12,5 % au cours de la période complète.
- L’année
2004 sera une excellente année pour la croissance mondiale et
la rentabilité des entreprises
- 3 risques
faibles mais possibles pouvant provoquer une baisse des bourses
- Nous détenons
une position inférieure à la moyenne de seulement 30 %
pour les titres à revenu fixe comparativement à 70 % pour
les actions.
Nous prévoyons
le maintien d’une expansion vigoureuse et synchronisée à
l’échelle mondiale, d’une tendance haussière
continue des prix des marchandises et de la modicité de l’inflation.
Les taux d’intérêt vont probablement commencer à
augmenter, mais les banques centrales useront sans doute de prudence afin
de ne pas faire dérailler la croissance mondiale. Les marchés
des actions devraient bien se comporter dans ce contexte, bien que les
principaux moteurs soient plutôt la croissance des profits et la
hausse modeste des ratios et non les tendances des taux d’intérêt
et des liquidités. Le dollar américain devrait continuer
de se déprécier en raison de la faiblesse des taux d’intérêt
et de l’importance du déficit commercial et du déficit
courant.
Ces opinions ne sont pas que les nôtres, elles reflètent
également une variété de prévisions consensuelles
et de messages de la part des indicateurs financiers. Nous sommes d’avis
qu’il est important d’expliquer nos prévisions de cette
année par rapport à notre approche à contre-courant
de l’année dernière.

Graphique 1 : Le modèle de la Fed compare le ratio C/B du S&P
500 à celui des obligations à 10 ans. Les actions affichent
une sous-évaluation de presque 25 % par rapport aux obligations.
Il y a un an, nous informions les investisseurs que l’année
2003 serait probablement une meilleure année que ne le prévoyaient
plusieurs personnes dans le marché. Les grandes institutions financières
nous mettaient en garde au sujet d’une récession mondiale
« en cascade », tandis que différents indicateurs financiers
recensaient beaucoup d’inquiétude et de dégoût
de la part des investisseurs. Par exemple, en octobre 2002, le «
modèle de la Fed » a fait état d’une sous-évaluation
de presque 50 % des actions américaines par rapport aux obligations
de l’État à 10 ans, ce qui suggérait que les
investisseurs exigeaient une forte prime de risque pour détenir
des actions plutôt que des obligations (se reporter au graphique
1). Les obligations de sociétés américaines plus
risquées généraient un taux de rendement de 14 %
comparativement à un taux d’inflation de seulement 2 %, reflétant
ainsi la crainte généralisée de faillites. (Se reporter
au graphique 2)

Graphique 2 : Les dépenses en capital devraient augmenter en
2004 en raison d’une chute importante des taux d’emprunt pour
les entreprises.
Au-delà du marché américain, les analystes de Credit
Suisse First Boston examinent un indice mondial « de propension
à prendre des risques » qui oscille de la « panique
» à l’«euphorie» (se reporter au graphique
3). L’indice se fonde sur les rendements du marché et le
degré de volatilité de plus de 40 catégories d’actif
du monde entier, des actions des marchés développés
aux titres de créance des marchés nouveaux.

Graphique 3 : Vers la fin de 2002 et au début de 2003, les investisseurs
ont pénétré dans une zone de « panique »
à l’égard d’une vaste gamme d’actifs.
Depuis cette date, la confiance des investisseurs s’est nettement
ravivée.
Comme le démontre clairement le graphique, les marchés mondiaux
avaient atteint la zone de panique à la fin de 2002 et au début
de 2003. Historiquement, les investisseurs qui ont investi leur argent
pendant des périodes de panique ont été bien récompensés.
À titre d’exemple, depuis 1981, le marché boursier
américain a dégagé des rendements annualisés
moyens de 25 % au cours des six mois suivant une zone de panique
comparativement à des rendements de 12,5 % au cours de la période
complète.
Les investisseurs sont-ils trop optimistes?
Comme l’illustre le graphique 3, à la fin de 2003, l’Indice
de propension à prendre des risques de CSFB s’est rapproché
de la zone d’euphorie mais sans toutefois y pénétrer.
Nous avons constaté avec intérêt que les périodes
d’euphorie n’ont pas offert des indices utiles pour les ventes,
bien que les périodes de panique semblent donner lieu à
de bons signes pour les achats. Le modèle de la Fed (graphique
1) suggère encore que les actions américaines affichent
une sous-évaluation de presque 25 % par rapport aux obligations
et que les courbes de rendement à l’échelle mondiale
laissent encore présager une croissance vigoureuse. Nous
ne sommes donc pas particulièrement inquiets du fait que l’Indice
de propension à prendre des risques CSFB illustre un taux de satisfaction
plus élevé de la part des investisseurs par rapport à
l’année dernière.
Nous avons mentionné la courbe de rendement, soit l’écart
entre les taux d’intérêt à long et à
court terme. En effet, dans le passé, une forte inclinaison de
la courbe était un bon indicateur d’une croissance vigoureuse
et de solides rendements boursiers futurs. Lorsque les taux à court
terme sont nettement inférieurs que ceux à long terme, comme
c’est le cas en ce moment, cela signifie que la politique monétaire
alimente activement la croissance élevée et de bons rendements
boursiers (se reporter au graphique 4). En revanche, lorsque les banques
centrales majorent les taux d’intérêt et que la courbe
s’aplatit ou s’infléchit, l’économie et
le marché boursier éprouvent souvent de grandes difficultés.

Graphique 4 : Dans le passé, l’inclinaison positive des courbes
de rendement des grands pays développés s’est révélée
un bon indicateur de la vigueur de la croissance et des tendances des
marchés boursiers.
Il ne s’agit pas d’un indicateur à toute épreuve,
car la perfection n’existe pas, mais il mérite un examen
attentif de la part des investisseurs. Selon nous, même
si la Réserve fédérale américaine commence
à majorer ses taux à court terme en 2004, ce qui est de
plus en plus probable, il ne semble pas qu’elle optera pour une
hausse drastique qui entraînerait un infléchissement de la
courbe de rendement et un contexte monétaire très risqué.
Vu la forte inclinaison des courbes de rendement à l’échelle
mondiale et la flambée des actions de la plupart des marchés
en 2003, le message de la part des marchés financiers est le suivant
: l’année 2004 sera une excellente année pour
la croissance mondiale et la rentabilité des entreprises.
Un message similaire découle du repli important des rendements
des obligations de sociétés (graphique 2). Il s’agit
d’une chute des coûts de financement qui a facilité
le processus d’obtention de capitaux à des taux intéressants
pour les entreprises. Ce repli traduit également la nette atténuation
des craintes à l’égard des faillites et est un bon
indicateur de l’amélioration des dépenses d’entreprises.
Qu’est-ce qui pourrait bien assombrir un tableau si positif
? Évidemment, un attentat terroriste important, bien qu’il
soit difficile à prévoir. L’autre risque est que la
croissance mondiale se révèle si vigoureuse que l’inflation
monte en flèche et oblige les banques centrales à durcir
la politique monétaire. Selon nous, puisque l’économie
mondiale dispose d’une marge de manœuvre suffisante, si les
taux de croissance se rapprochent des prévisions consensuelles
actuelles, cela ne représente pas un risque trop important.
Enfin, il y a aussi le risque d’un effondrement «
désordonné » du dollar américain qui pourrait
obliger la Fed à majorer agressivement les taux pour éviter
une augmentation importante de l’inflation. Or, cette situation
semble peu probable puisque le soutien de la part des banques centrales
d’Asie, notamment la Banque du Japon et la Banque de Chine, devrait
faire en sorte que le repli du dollar américain ne se transforme
pas en dégringolade. Fait intéressant, la Banque du Japon
vient d’approuver un fonds pour la guerre de 570 milliards $ pour
d’autres activités de soutien en faveur du dollar, ce qui
témoigne de l’ampleur de son engagement envers le système
monétaire actuel.
Faut-il se méfier des obligations ?
Que ce soit un repli du dollar ou la hausse de l’inflation, ou les
deux, les signes de difficultés se manifesteraient vraisemblablement
tout d’abord dans les marchés obligataires mondiaux, où
les taux de rendement se comportent étonnement bien malgré
la nette amélioration de la croissance mondiale. Étant donné
la flambée des prix des obligations au cours des dernières
années, la faiblesse des taux d’intérêt signalant
des rendements futurs peu élevés et l’augmentation
de la volatilité, le rapport risque-rendement des obligations ne
semble pas particulièrement favorable pour l’instant. Dans
le Fonds équilibré international CI, nous détenons
donc une position inférieure à la moyenne de seulement 30
% pour les titres à revenu fixe comparativement à 70 % pour
les actions. La durée de nos titres à revenu fixe
est également inférieure à la moyenne. Nous avons
commencé à délaisser les secteurs sensibles aux taux
d’intérêt tels que les produits de consommation non
essentiels et les secteurs financiers.
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