Vivons-nous dans un monde d’inflation ? De déflation ? Ou les deux ?

*Source : Extrait de la chronique mensuelle de William Sterling, www.cifunds.ca

Le syndrome chinois

Plus tôt cette année, beaucoup d’experts financiers prédisaient une déflation et s’inquiétaient de voir les États-Unis revivre l’expérience connue par le Japon dans les années 80. D’aucuns se sont maintenant ravisés, à en croire un article du Wall Street Journal intitulé « Certains craignent un retour imminent de l’inflation ».

Y a-t-il un élément de vérité dans ces deux peurs ? La confusion viendrait-elle de ce que certains secteurs de l’économie mondiale subissent encore d’intenses pressions déflationnistes, tandis que d’autres vivent une joyeuse relance ? Et qu’est-ce que cela veut dire pour l’investisseur ?

Inflation et déflation

Commençons par ce que nous appellerons le tableau du syndrome chinois (tableau 1). Il illustre l’évolution des deux principaux moteurs de l’inflation aux États-Unis, les prix des services de base et ceux des biens de base. « De base »… même si les indices excluent les composantes volatiles comme les denrées alimentaires et l’énergie. Nous savons bien que tous consomment de l’énergie et mangent tous les jours – mais soyez indulgents.


Tableau 1 : L’inflation, c’est peut-être une question de point de vue. L’inflation des prix des services est restée relativement constante, à 3 %, mais les prix des biens ont chuté en raison de l’intense concurrence mondiale.

Le tableau montre une augmentation constante des prix des services, année après année. Oublions les récessions ou les cycles boursiers, les prix des services semblent être sur le pilote automatique. De nombreux secteurs de servi-ces sont entièrement nationaux, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas à soutenir une concurrence internationale intense. Par exemple, pour résoudre des problèmes de plomberie, vous ne risquez pas d’appeler au Sri Lanka.

Par contre, les prix des biens n’ont pas progressé depuis dix ans. Ou plutôt : ils ont augmenté légèrement pendant sept ans et diminué constamment depuis trois ans. Pensez aux lecteurs de DVD qui se vendent à moins de 60 $. Pensez aux ordinateurs bradés à moins de 600 $. Pensez à tous les articles bon marché de votre Wal-Mart local. Pensez :
« Made in China ».

Alors, qu’est-ce à dire ? Vivons-nous dans un monde d’inflation ? De déflation ? Ou les deux ?

Rien de surprenant si investisseurs et respon-sables des politiques économiques sont tout aussi confus les uns que les autres. La Réserve fédérale américaine a audacieusement assoupli ses politiques ces dernières années, faisant chuter le taux des fonds fédéraux à 1 % (voir tableau 2). Mais l’économie n’a créé aucun emploi – jusqu’à tout récemment. Ou peut-être quelques millions d’emplois – en Chine, qui, en passant, doit créer 22 millions de nouveaux emplois chaque année pour absorber les migrants ruraux. Avec pareille toile de fond, de sincères craintes de déflation sont nées chez ceux qui se souciaient principalement de la baisse des prix des biens manufacturés et des pertes d’emplois massives dans le secteur manufacturier.

William Sterling, Stratège mondial,
Trilogy Advisors, LLC

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