Excellentes compagnies, mauvais rendements

Les meilleures petites compagnies ne font pas les meilleurs placements. Pourquoi?

* Chronique d'André Gosselin parue dans Finances et Investissements.

D’ailleurs, ce n’est pas le propre des petites compagnies. Vous vous souvenez du livre de Peters et Waterman (In search of excellence : Lessons form America’s best companies), ce best-seller paru en 1982 (traduit en français et en plusieurs autres langues) qui traçe le portrait des grandes compagnies américaines reconnues comme la crème de la crème.

Les meilleures entreprises, écrivaient Peters et Waterman, ont les qualités suivantes :

  1. Elles ont le parti pris de l’action et sont des maîtres dans l’art de l’expérimentation;
  2. Elles restent à l’écoute du client et apprennent beaucoup d’eux;
  3. Elles favorisent l’autonomie et l’esprit novateur à tous les niveaux de l’organisation;
  4. Elles se mobilisent autour d’une valeur clé et d’une philosophie fondamentale ;
  5. Elles s’en tiennent à ce qu’elles savent faire et ne cherchent pas à se transformer en conglomérat diversifié dans plusieurs secteurs;
  6. Elles préservent une structure simple et légère.

Croyez-vous que les investisseurs ont fait de l’argent en plaçant leurs épargnes dans la trentaine de compagnies qui constituaient, selon Peters et Waterman, les champions des champions? Eh bien pas du tout. Du moins pas durant les cinq années qui ont suivi la parution du livre.

M. Clayman, dans une étude publiée en 1987, a montré que la performance financière, économique et boursière de ces entreprises a été très décevante et bien en deçà de la moyenne.

Trois ans plus tard, B. Bannister confirmait les résultats de Clayman sur une plus longue période encore. Les titres reconnus comme des entreprises de piètre qualité, selon les critères de Peters et Waterman, ont surpassé une fois de plus le rendement des titres de ces compagnies identifiées comme des modèles à suivre.

En 1989, c’était au tour de Kolodny, Laurence et Ghosh de revenir sur les prouesses des entreprises vedettes de Peters et Waterman. Leur constat, pour la période étudiée, est que ces entreprises ont donné à leurs actionnaires des rendements ni inférieurs ni supérieurs à ceux du marché. Leur conclusion : le marché boursier est plutôt efficient quand vient le temps de donner un prix aux actions des entreprises les plus admirées par les experts. Pas moyen, dans ce créneau, d’avoir des aubaines et de réaliser des profits supérieurs à la normale.

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