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Les dividendes ne mentent pas, ou presque *Source du livre « Investir dans les titres de grandes entreprises » de André Gosselin Commander en ligne le volume de André Gosselin Le dividende est la portion des bénéfices d’une entreprise versée aux actionnaires ordinaires et privilégiés. Cette somme n’est donc pas réinvestie dans les activités de l’entreprise et dans sa croissance. Le montant du dividende est établi par le conseil d’administration de l’entreprise et peut être versé en espèces ou sous la forme d’actions supplémentaires. En Amérique, le dividende versé aux actionnaires ordinaires peut fluctuer selon les bénéfices de l’entreprise, alors que celui versé aux actionnaires privilégiés est un montant fixe. La valeur d’une compagnie et de ses actions dépend de la prévision que l’on fait des dividendes qui seront versés. Plus ces dividendes sont perçus comme incertains, aléatoires ou menacés, plus les actions de la compagnie risquent de perdre de leur valeur. D’où l’importance pour les dirigeants des compagnies inscrites à la Bourse de faire en sorte que les dividendes évoluent suivant une croissance régulière et stable. Lorsque la croissance du dividende paraît réglée comme les mouvements d’un métronome, les investisseurs sont rassurés quant au risque que comportent les actions de la compagnie. En temps normal, les administrateurs d’une entreprise augmentent le dividende versé aux actionnaires dans la mesure où ils sont sûrs que les bénéfices à venir seront suffisants. Même si les bénéfices viennent à chuter, ils tenteront par tous les moyens de maintenir le niveau de dividende, en espérant que la situation n’est que temporaire. Si la baisse des bénéfices se poursuit et qu’elle apparaît inéluctable, les dirigeants ne pourront maintenir très longtemps le dividende et devront, dans le pire des cas, le suspendre. Les dirigeants d’une société peuvent reporter indéfiniment le paiement des dividendes. Cependant, la décision de ne pas verser en totalité ou en partie, le dividende prévu risque d’entraîner des conséquences graves. La confiance des investisseurs étant ébranlée, cela peut faire chuter le prix de l’action ou faire reculer de quelques points la cote de crédit attribuée par les agences reconnues. Dans les deux cas, cela diminue le pouvoir d’emprunt de la compagnie ou augmente ses coûts d’exploitation. Dans les années 1980 et 1990, environ les trois quarts des compagnies inscrites à Bourse de New York distribuaient un dividende à leurs actionnaires. Le versement d’un dividende par les compagnies peut varier considérablement selon les entreprises, les pays, les places boursières, les industries ainsi que les cycles économiques et financiers. Par exemple, aux États-Unis, les grandes compagnies parvenues à maturité, que l’on appelle par allusion au jeu de poker des blue chips, distribuent aux actionnaires environ 50% de leurs bénéfices. Les sociétés de service public comme les compagnies téléphoniques, les compagnies d’électricité ou les entreprises de distribution de gaz distribuent jusqu’à 70% de leurs bénéfices en dividende aux actionnaires. Au Canada, les sociétés solidement établies, telles les banques, versent un pourcentage important de leurs bénéfices sous la forme de dividende. Par contre, les entreprises dans les secteurs de la pharmaceutique ou de la haute technologie distribuent souvent moins de 10% de leurs bénéfices sous la forme de dividende, en raison des investissements importants que requiert leur division de recherche et développement. Les grandes entreprises ayant une longue tradition de croissance, d’expansion et de répartition de leurs bénéfices aux actionnaires sont plus sûres et plus facilement prévisibles que les jeunes compagnies aux rendements erratiques et aux bénéfices irréguliers. La valeur intrinsèque des premières est plus aisément mesurable que celle des secondes, puisqu’elle repose sur des contraintes financières qui incitent fortement les administrateurs des compagnies à accroître, peu importe la conjoncture économique ou le cycle industriel que traverse l’entreprise, le dividende versé aux actionnaires. Ce n’est pas le cas des entreprises dont les bénéfices ou le gain en capital dépendent su contexte économique, de la concurrence, des produits financiers substituts, de l’humeur des investisseurs ou de nombreux autres facteurs tous plus imprévisibles les uns que les autres. Selon les adeptes des stratégies de rendement en dividende, le dividende est le facteur qui influe le plus sur le prix des actions dans les marchés boursiers. Plus précisément, le pourcentage que représente le dividende par rapport au prix de l’action est ce qui incite les investisseurs à acheter ou à vendre l’action en question. Cela détermine le jeu de l’offre et de la demande et, par conséquent, oriente le prix du titre. Plus ce pourcentage est élevé, plus l’action est attrayante. Toutefois, ce pourcentage n’a de chance d’être élevé que si le prix de l’action est bas. Par exemple, lorsqu’une action se négocie à 20$ et que le dividende versé aux actionnaires est de 1$, l’investisseur est en droit d’obtenir un gain en dividende de 5% (1/20 = 5%). Si le prix de l’action chute à 10$ et que le dividende est toujours de 1$ par action, le rendement annuel en dividende passe de 5% à 10% (1/10 = 10%). Devant un tel rendement immédiat, ou presque immédiat, ou presque immédiat, les investisseurs seront plus intéressés par le titre qu’auparavant, et le prix ne pourra que remonter en suivant le mouvement de la demande. Cependant, plus le prix de l’action grimpera, moins le dividende représentera un pourcentage élevé de ce prix. Quand le prix du titre grimpe à 20$, le dividende de 1$ par action ne représente plus que 5% de rendement. On assiste, alors, au retour du balancier : les investisseurs qui ont obtenu, jadis, un rendement de 10% ne seront plus là pour soutenir le titre. Certains voudront même se débarrasser de leurs actions pour rechercher dans un autre titre un meilleur rendement en dividende. Le prix de l'action amorcera une descente, jusqu'au moment ou le nouveau plancher représentera une aubaine par rapport au dividende qu'il est possible d'obtenir. Dans ces conditions, un litre sous-évalué est celui qui, en vertu de son passe, fait montre d'un prix plutôt bas et d'un dividende élevé. En retour, un titre surévalué est celui dont le prix est haut et le rendement en dividende plutôt bas. Ainsi, l'investisseur obtient un rendement de 10% des lors qu'il achète le titre au prix modique de 10$ et que le dividende annuel verse est de 1 $ par action. Le prix de l'action peut encore fluctuer, à la hausse comme à la baisse, mais cela ne changera rien au fait que l'investisseur aura fait un gain en dividende de 10%, puisqu'il a payé 10$ par action. Si l'action monte à 12$, il pourra, en plus de son gain en dividende, ajouter un gain en capital de 2 $ par action ou de 20% (2/10 = 20%). Un rendement en dividende de 10%, plus un rendement en capital de 20% constitue un rendement total de 30% pour l'investisseur, s'il décide, bien entendu, de vendre ses actions lorsqu'elles sont au prix de 12$. Si le titre chute à 8$, l'investisseur doit essuyer une perte en capital de 20% s'il vend ses actions. S'il ne vend pas, sa perte n'est que théorique, tandis que son gain, en espèces, est toujours de 10%, puisque le versement du dividende par la compagnie est réel. Ainsi, les détenteurs d'actions sont toujours prêts, pour obtenir un revenu régulier, à sacrifier une part du rendement provenant de la croissance d'une entreprise. Le gain en capital est toujours hypothétique et à venir, et on n'en profile que lorsque le titre est vendu. En revanche, le revenu en dividende est encaisse ici et maintenant. Tout investisseur, lorsqu'il achète un titre qui procure un dividende, accepte un rendement qui dépend du prix qu'il a paye pour cette action. II peut ignorer la part de ce dividende dans le rendement total qu'il recherche, s'il croit que ce rendement total sera surtout déterminé par le rendement en capital, c'est-à-dire par le marché lui-même et par le prix futur de faction. II peut aussi acheter le titre pour son dividende, s'il pense que le rendement en dividende est intéressant en soi, qu'il est suffisant pour le rendement total qu'il recherche, et ce, peu importe le gain en capital qu'il pourrait en retirer un jour s'il décidait de vendre. André Gosselin
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