Bombardier (BBD.A) en 2004 : La poursuite de la rentabilité

Bombardier est le fleuron de l’industrie canadienne et québécoise des biens d’équipement. L’entreprise a reçu sa part de mauvaises tuiles depuis trois ans. De 25,00$ à 5,50$ aujourd’hui, le cours du titre a connu son creux en mars dernier et a grimpé de 80% depuis.

Des changements importants sont récemment survenus au niveau de la haute direction. L’arrivée de Paul Tellier, l’ancien président du CN, est considérée comme un élément très favorable de la part des gestionnaires dont la qualité de la gouvernance est importante. Par exemple, la société Capital Research and Management, l’un des plus importants gestionnaires américains scrutant à la loupe les entreprises avant d’investir, est actuellement la deuxième plus importante détentrice d’actions de Bombardier. Nick Majendie souligne aussi sa confiance envers le management renouvelé de Bombardier.

Bombardier est une entreprise dominante dans ses deux principaux secteurs d’activités soit l’industrie du rail et celle de l’aviation. Les perspectives de croissance des ventes pour 2004 sont favorables pour les deux secteurs, la croissance économique américaine aidant. Le ratio de dettes sur l’avoir des actionnaires est de 4 fois, ce qui est élevé mais c’est moins inquiétant qu’auparavant. Paul Tellier vise la croissance de la rentabilité par action. Nous considérons que le titre se négocie actuellement à sa juste valeur en tenant compte du niveau de l’endettement. L’évolution du cours variera à notre avis en fonction de la progression des profits.

Les analystes s’entendent pour une progression des profits de 10% par année au cours des cinq prochaines années. Le titre se transige actuellement à moins de 13 fois le ratio cours/bénéfices des 12 prochains mois. Nous estimons que les profits progresseront plus rapidement que les prévisions de la moyenne des analystes et ce, en raison de la qualité du management et de la dominance de la compagnie dans ses secteurs d’activités. L’investisseur ne devrait cependant pas posséder plus de 2,5% de son portefeuille boursier dans ce titre car plusieurs facteurs fondamentaux devront s’améliorer avant d’investir trop activement dans ce titre et le conserver à long terme. Nous prévoyons que le cours du titre progressera à un rythme plus élevé que l’indice TSX au cours des 2 prochaines années.

William André Nadeau
Analyste Orientation Finance.

Les grandes lignes de l’entrevue de Paul Tellier à l’émission Capital Actions :

  • La division du rail va connaître une croissance de 7% à 8% des ventes au cours des prochaines années;
  • Bombardier est devenu le premier producteur mondial de trains. Certaines usines fonctionnement à 40% de capacité en Europe. Le nouveau président de Bombardier veut rationaliser ces activités. Un des grands avantages de l’industrie du rail est le fait qu’elle ne soit pas cyclique ce qui n’est pas le cas pour l’industrie du transport aérien;
  • Le défi pour la construction d’avions est le financement de la part du gouvernement pour les exportations et ce, en raison des subventions gouvernementales dont bénéficient les principaux constructeurs compétiteurs;
  • Bombardier est devenu le troisième plus important constructeur d’avions au monde. Bâtir 100 avions représente 8,000 employés pendant un an;
  • Concernant les petits avions d’affaires, les ventes sont dépendantes de la croissance économique américaine;
  • Bombardier est loin d’atteindre les volumes de ventes de l’année 2000. Mais comme les économistes prévoient une croissance du PNB américain de 4% et plus pour 2004, les perspectives sont bonnes;
  • L’année 2003 a été une année où le niveau de l’endettement a été considérablement réduit. Le niveau de risque est de beaucoup inférieur à ce qu’il était et satisfait les analystes financiers;
  • L’année 2004 sera dans la lignée de 2003, soit de faire de cette société une entreprise encore plus rentable.
Pour écouter l’entrevue de Paul Tellier à l’émission Capital Actions

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