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Courtage à escompte... 2e vague Nous assistons actuellement à une deuxième vague de courtiers escompteurs où le conseil professionnel prend de plus en plus d’importance. *Chronique d'André Gosselin parue sur le site Lesaffaires.com. Une des clés du succès en placement réside dans la recherche des plus bas frais de gestion, commissions et autres coûts de transaction. Certains experts iront jusqu’à dire que cet aspect de la gestion d’un portefeuille est encore plus important que la sélection des titres ou que la répartition de l’actif. Pour celui qui a choisi d’investir directement dans des actions la meilleure façon de réduire les coûts est de faire affaire avec un courtier escompteur plutôt qu’avec un courtier plein exercice. Un escompteur se contente d’effectuer vos transactions au plus bas prix possible, ne fait aucune sollicitation pour vendre tel ou tel titre, ne donne pas de conseils et ne fait aucune recherche ou analyse financière sur les compagnies cotées en bourse. La première vague des courtiers escompteurs répondait à cette définition. Or, nous assistons actuellement à une deuxième vague de courtiers escompteurs où le conseil professionnel prend de plus en plus d’importance, autant pour la sélection de titres que pour la gestion de la répartition de l’actif. Pour plusieurs courtiers escompteurs nord-américains ou européens, il n’est plus suffisant de se contenter d’exécuter les ordres de vente et d’achat des clients. La guerre des prix ne mène nulle part. Les marges bénéficiaires rétrécissent et les perspectives de croissance sont quasiment nulles. Afin d’assurer leur croissance, les courtiers escompteurs n’ont pas le choix que d’offrir des conseils en placement et de tirer de nouvelles sources de revenus de ce type de services professionnels. Le modèle de courtage à escompte lancé par Charles Schwab en 1971 aux États-Unis a pourtant très bien fonctionné durant près de trente ans. La formule était simple et les investisseurs autonomes avaient tout intérêt à choisir ce type de « fournisseur » plutôt que le traditionnel courtier dit de plein exercice.
ais voilà que la firme Charles Schwab elle-même est en train de tracer la voie de ce que sera le nouveau courtage à escompte. Pour ses dirigeants, il n’est toutefois pas question de se transformer en courtier traditionnel. On veut donner du conseil, mais sans tomber dans les travers du conflit d’intérêt, comme c’est le cas lorsqu’un courtier sollicite ses clients pour multiplier les transactions et, du coup, les revenus de la compagnie, ou pire encore lorsque les entreprises recommandées aux acheteurs de titres sont des clients de la maison de courtage, dans ce lucratif marché des émissions d’actions. L’initiative la plus intéressante de Schwab, à mon avis, réside dans son système d’évaluation automatisé permettant d’attribuer une note variant de A à F à quelque 3000 titres du marché américain (A étant la meilleure note, soit une recommandation d’achat, et F étant évidemment la pire note ou une recommandation de vente). Le grand mérite du système mis en place par Schwab est qu’il y a autant de titres qui reçoivent une recommandation de vente qu’il y en a qui reçoivent une recommandation d’achat. On est loin du système employé par les maisons de courtage traditionnelles où moins de 10 % des compagnies analysées reçoivent la mention « vendre ». Le client sait exactement à quoi s’en tenir, et tous les courtiers de Schwab parlent d’une seule voix pour faire des recommandations à leurs clients. Le système est à ce point automatisé que le client de Schwab reçoit un courriel lorsqu’un des titres de son portefeuille voit sa note changer, ou encore lorsqu’il est temps de modifier la répartition de l’actif. Certains se demanderont pourquoi faire confiance à l’ordinateur de Charles Schwab afin de connaître la valeur et le potentiel d’un titre. Est-ce que ce système, par exemple, permet de battre le marché ? De toute évidence, les analystes financiers et mathématiciens des marchés bousiers qui ont conçu ce système l’ont testé sur une longue période afin d’en faire une méthode d’investissement performante pour l’investisseur. Mais la question à mon avis n’est pas de savoir si ce système permettra à l’investisseur de battre le marché. La question est plutôt de savoir si ce mécanisme, peu coûteux, objectif, simple et entièrement informatisé, permettra aux investisseurs autonomes d’avoir une approche disciplinée leur permettant de savoir quand un titre est trop cher, et quand il représente une aubaine. Quels titres il est préférable d’acheter, et quels titres il est préférable de ne pas acheter ou de vendre. C’est tout. Les premières études dont nous disposons sur l’investisseur autonome montrent que le rendement de son portefeuille, au cours des 20 dernières années, a été pitoyable. L’investisseur moyen, qu’il possède des fonds d’actions ou des titres détenus directement, a réalisé des rendements à peine supérieurs au taux annuel de l’inflation, soit moins de 4% par année, alors que les marchés boursiers ont donné des rendements de plus de 12%. Encadré par une formule de courtage à escompte avec conseils automatisés, comme celle mise en place depuis peu par Charles Schwab, l’investisseur autonome aurait de toute évidence réalisé de meilleurs rendements. Il n’aurait pas acheté du Nortel à plus de 25$. Certes, certains auraient été frustrés de voir le titre grimper à 100$, mais la majorité des petits investisseurs auraient eu une chance d’échapper à l’euphorie spéculative sur les titres de haute technologie. On ne peut en dire autant des courtiers de plein exercice. Plutôt que de mettre les freins lors de la folie spéculative sur les technos, ils ont jeté de l’huile sur le feu. Ils ont incité leurs clients à multiplier les transactions suicidaires, dans le but de faire plus de revenus, avec les conséquences que l’on sait. Vivement le nouveau courtage à escompte. Pour consulter les chroniques précédente de "Investir selon les tendances", cliquez ici
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