Les investisseurs devraient-ils se laisser séduire par les titres de firmes de courtage?

Source : Mes Nouvelles Talvest

Récemment, il semble que Wall Street et Bay Street ne parviennent pas à se supporter eux-mêmes - ou à tout le moins l'idée de posséder leurs propres actions. Avec les ennuis qui se poursuivent sur les grandes places boursières, peu de secteurs ont été touchés aussi durement que celui du courtage.

Comme vous le savez sans doute, le secteur du courtage évolue souvent en fonction de l'humeur dominante des investisseurs, qui a été plutôt mauvaise dernièrement. Pourquoi les investisseurs évitent-ils d'investir à la bourse?

Dans une perspective macroéconomique :

  • l'inquiétude qui règne quant au rythme de croissance économique (une récession en cascade peut-être?);
  • la reprise moins rapide que prévue des bénéfices de sociétés;
  • les scandales comptables qui ébranlent les sociétés;
  • la perspective d'autres attentats terroristes;
  • les événements troublants sur la scène géopolitique;
  • l'affaiblissement du dollar américain.

Ces facteurs ont limité la capacité des marchés boursiers à jouir d'une reprise soutenue, ce qui n'arrange pas les choses. Il y a aussi des motifs plus précis :

  • des mises à pied supplémentaires entraînées par la baisse des perspectives de bénéfices;
  • les enquêtes dans les pratiques de recherche de Merrill Lynch et d'autres sociétés d'analyse financière;
  • la morosité qui caractérise l'activité du côté des émissions initiales d'actions, des fusions et acquisitions et des opérations sur actions;
  • la torpeur estivale caractéristique dans le domaine du courtage.

En d'autres mots, le domaine du courtage est assiégé par plusieurs facteurs qui risquent de ne pas changer à plus court terme. En jetant un coup d'oeil aux derniers bénéfices trimestriels annoncés par Goldman Sachs, on pourrait croire qu'il y a peu de chances que les perspectives s'améliorent au cours des mois à venir :

"Notre société continue d'être touchée par le manque de confiance des investisseurs et des dirigeants de sociétés, qui a rendu les marchés plus difficiles en plus de réduire l'activité des sociétés," précise Henry M. Paulson, Jr., le grand patron de la firme Goldman Sachs. "Malgré ces difficultés, Goldman Sachs s'est bien débrouillée dans ses principaux secteurs d'activité. Quant à l'avenir, nous demeurons prudents face aux perspectives à court terme."

Heureusement pour l'industrie du courtage, quelques facteurs militent tout de même en sa faveur :

  • un regain d'intérêt envers les marchés de la dette et des devises qui a aidé à compenser la faiblesse observée dans d'autres secteurs;
  • l'accent placé sur le contrôle des dépenses, ce qui ne peut que contribuer à une meilleure rentabilité;
  • des évaluations relativement - et parfois considérablement - moins élevées.

Que conclure de tout cela?

Étant donné que le secteur du courtage évolue généralement en tandem avec les grands marchés boursiers, on pourrait voir des périodes durant lesquelles le secteur dépassera le rendement des marchés en cas de reprise générale. Néanmoins, il est préférable d'attendre les signes d'une reprise soutenue avant d'investir dans le domaine du courtage - compte tenu de la perspective de Goldman Sachs, des investisseurs qui tiennent à éviter le risque et de la torpeur estivale. Autrement, il convient d'investir avec prudence. Une évaluation peu élevée ne constitue pas en soi une raison suffisante d'investir, compte tenu de l'incertitude qui prévaut.


 

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