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Le secteur des biotechs se comporte plutôt bien depuis quelques mois * Chronique d'André Gosselin parue sur le site LesAffaires.com. Le secteur des biotechs se comporte plutôt bien depuis quelques mois. L’indice des biotechs américain (Amex Biotech Index) est en hausse de 31 % depuis son plus bas de la mi-mars, alors que le Nasdaq est en hausse de 23 % sur la même période. On a même assisté, lundi dernier, à une envolée spectaculaire du titre de quelques grandes compagnies de biotechnologie américaines : Genentech, le no 2 mondial après Amgen, a clôturé la journée avec un gain de + 46 %, tandis que Regeneron et Protein Design Labs, des joueurs de taille moyenne, ont connu des hausses respectives de + 34 % et + 19 %. L’action de Genentech est passée de 37,90 $ vendredi, à 55,20 $ lundi, après l’annonce de résultats cliniques très encourageants pour son médicament contre le cancer du colon, l'Avastine. Des résultats préliminaires de la 3e phase des tests ont montré que le produit, lorsque combiné à un traitement de chimiothérapie, ralentissait la progression de la tumeur en la privant de sang et d'oxygène.
Un gain de 46 % en une journée, pour une biotech de cette taille, est toujours intriguant et exige des éclaircissements. Car il faut bien noter que l’Avastine n’a pas encore reçu d’autorisation finale de la part de la FDA (Food and Drug Administration). Mais dans ce cas-ci, il semble que les analystes qui suivent la compagnie ont été surpris par les premiers résultats des tests cliniques, alors que tout le monde croyait que l’Avastine n’était pas du tout prometteur, comme l’avaient montré les premiers tests contre le cancer du sein. Au cours de la journée de lundi, les analystes de First Albany, CIBC, Goldman Sachs, WR Hambrecht, SG Cowen, Ryan Beck, Robert Baird et Jefferies ont tous haussé leur recommandation sur le titre, la faisant passer pour la plupart d’achat à achat fort, même après la hausse marquée du titre en matinée. Seul l’analyste de AG Edwards y est allé d’une recommandation à la baisse (d’achat à conserver), prétextant que le gain de lundi était excessif et qu’il fallait attendre de voir les détails de l’étude avant de se prononcer. Si jamais l’Avastine était approuvée par les autorités sanitaires américaines, il pourrait générer jusqu’à 2G$ US de chiffre d’affaires par année. C’est ce qu’on appelle, dans le jargon médico-financier, un «blockbuster». Et tout ça sans aucun partage des bénéfices avec un «major» pharmaceutique comme Pfizer ou Merck, les alliés habituels. Tout irait dans les coffres de la compagnie. Une analyste que j’estime particulièrement dans ce secteur, Meira Chovav, de la firme UBS Warburg, avait raison de souligner qu’il est rare que l’on obtienne des résultats aussi encourageants pour la prolongation de la survie des malades atteints d’un cancer du colon. Selon elle, la découverte de Genentech pourrait transformer la manière dont on traite les tumeurs solides, et donner enfin plus de crédibilité à l’approche selon laquelle on peut ralentir la progression d'une tumeur en réduisant son alimentation sanguine. Près de 900 patients atteints d’un cancer du colon ont servi à la recherche de Genentech sur l’Avastine. Et ce n’est pas fini. La compagnie prévoit des tests cliniques de phase III auprès de 200 autres patients atteints d’un cancer du colon, pour mieux mesurer les incidences du médicament avec d’autres formes de chimiothérapie. On cherche notamment à mieux comprendre certains effets secondaires de l’Avastine, comme l’hypertension ou les perforations intestinales. Car il ne faut pas perdre de vue qu’un médicament peut être refusé si ses effets secondaires sont trop graves. Les effets secondaires de l’Avastine ne semblent pourtant pas décourager la direction de Genentech, puisque la compagnie a annoncé qu’elle commencerait bientôt d’autres études de phase III afin de tester les effets de son médicament sur le cancer du rein. La nouvelle annoncée par la direction de Genentech marque enfin un progrès significatif dans le domaine de l’anti-angiogenèse (rappelons que l’angiogenèse, comme mécanisme responsable de la formation de nouveaux vaisseaux sanguins, est un processus essentiel au développement normal des tissus puisque les vaisseaux sanguins assurent le transport du sang, apportent les éléments nutritifs et éliminent les déchets du métabolisme des cellules). Or, dans le cas du cancer, l’angiogenèse assure aussi la croissance des tumeurs cancéreuses. Si jamais l’Avastine, et avec lui l’anti-angiogenèse, s’avérait un médicament acceptable pour le traitement du cancer, un nouvel essor serait donné aux biotechs qui se sont spécialisées dans la recherche anti-angiogénique. Au Québec, Aeterna serait la première à en profiter, car elle est une des rares biotechs au pays à avoir développé ce genre d’expertise. Plus de 65 médicaments basés sur l’anti-angiogenèse sont en essais cliniques actuellement dans le monde, et cela fait près de 30 ans qu’on exploite ce filon de recherche sans trop de succès. D’ailleurs, sept échecs retentissants ont marqué ce champ de recherches ces dernières années. Mais peu importe les progrès dans le domaine de l’anti-angiogenèse, force est d’admettre que les investisseurs du secteur des biotechs semblent encourager par l’efficacité du nouveau commissaire de la FDA, Mark McClellan, à traiter les demandes soumises à la puissante organisation, sans compter l’augmentation de 21 % du budget 2003 de la FDA accordée par l’administration Bush. Des entreprises comme Genzyme General, AstraZeneca et Millenium Pharma ont reçu récemment, à leur plus grande satisfaction, des autorisations plus rapides que prévu pour certains de leurs médicaments candidats à l’approbation. D’autres compagnies comme Genta, Biopure, CV Therapeutics, OSI Pharmaceuticals et Celgene pourraient recevoir des nouvelles plus tôt que prévu pour certains de leurs médicaments ayant complété certaines phases cliniques II et III. Les dix grandes biotechs américaines qui génèrent des profits se transigent actuellement à un multiple cours/bénéfices/croissance (ration C/B sur le taux annuel de croissance des profits anticipé) de 2,5, comparé à un ratio historique de 2,9. On ne peut pas dire, sous un tel angle, que le secteur des biotechs en est un d’aubaines. Toutefois, il est bien difficile d’anticiper les profits des biotechs, surtout qu’ils peuvent doubler ou même tripler pour les cinq prochaines années quand un médicament « milliardaire » comme l’Avastine est approuvé par la FDA. La stratégie la plus rentable et la moins risquée consiste encore à investir dans l’une ou l’autre des 10 plus grandes biotechs américaines, comme le montre le cas récent de Genentech. André Gosselin, vice-président recherche Orientation Finance. Pour consulter les chroniques précédente de "Investir selon les tendances", cliquez ici
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