Les prix du pétrole devraient demeurer à des niveaux au dessous de la moyenne

Une solide croissance des bénéfices est prévisible.

*Source : Mes nouvelles

Comme les prix du pétrole flirtent avec les records et les titres pétroliers atteignent des sommets historiques, va-t-on continuer à brûler d'envie pour le secteur pétrolier? S'il s'agissait de n'importe quelle autre industrie, au point où les choses sont rendues, beaucoup d'analystes auraient des doutes quant au potentiel haussier du groupe. Plusieurs ont effectivement exprimé des réserves, mais il s'en trouve qui estiment qu'il y a peu de risque que ces titres ne dérapent.

Qui a raison? Comme toute chose en ce bas monde, cela dépend. Cela dépend si vous être un tenant de l'argument de ceux qui prétendent que «nous entrons dans une nouvelle réalité». Selon Steve Carlin, gestionnaire de portefeuille du Fonds Global de Ressources Talvest : «D'une part, on s'attend à ce que les prix du pétrole demeurent à des niveaux au-dessus de la moyenne. D'autre part, ils ont atteint des niveaux si élevés qu'il va devenir de plus en plus ardu pour les sociétés de générer une croissance considérable des entrées de fonds sans une augmentation équivalente des volumes.»

Les analystes qui croient que nous nous dirigeons vers une nouvelle réalité soulignent les facteurs suivants :

  • Une perspective de plus en plus favorable pour les prix du pétrole en 2004.
  • Une solide croissance des bénéfices (en raison des prix élevés).
  • La persistance des hostilités en Irak et les ennuis touchant l'approvisionnement ailleurs dans le monde (soutenant un équilibre serré entre l'offre et la demande).
  • La reprise économique en Amérique du Nord et en Chine (et la reprise timide en Europe).
  • Les succès de l'OPEP à gérer l'offre (grâce à l'éclosion d'un nouveau sentiment de solidarité).
  • Les stocks à un creux des 28 dernières années.

Ces facteurs pourraient prolonger le cycle haussier actuel pour le pétrole pendant une autre année, donc pour une quatrième année, ce qui constituerait une dérogation remarquable des cycles haussiers classiques de trois ans, menant à une poursuite du mouvement haussier. Néanmoins, il est possible que l'année soit plus houleuse pour les titres pétroliers. Les analystes qui sont de cet avis avancent que les prix élevés actuels de l'énergie sont insoutenables en raison des signes révélateurs suivants :

  • Un examen plus serré des réserves déclarées à la suite de la réduction de 20 % de ses réserves annoncée par le groupe Royal Dutch/Shell (toute irrégularité pourrait freiner le commerce des titres).
  • La décision de grandes sociétés américaines de se retirer de l'ouest canadien (laissant entrevoir une volonté d'encaisser des profits avant un éventuel effondrement).
  • La nature cyclique du secteur pétrolier (plus le marché haussier se prolonge, plus il y a un risque de correction à la baisse).
  • La hausse de production pétrolière dans des pays comme le Nigeria, l'Algérie et l'ancienne Union soviétique.
  • La perspective d'une chute de 25 % des prix du pétrole (qui viendrait gruger les profits des producteurs de pétrole).

Que faut-il en conclure? Bien que plusieurs analystes aient haussé leurs prévisions sur les prix du pétrole brut et laissent entendre que les investisseurs pourraient assister à une nouvelle étape d'un cycle haussier record, les facteurs fondamentaux actuels et l'histoire permettent plutôt de croire qu'il y a présentement peu de raisons de s'attendre à des hausses considérables en 2004.

Voici quelques-uns des titres compris dans ce groupe : Baker Hughes, ChevronTexaco, Enerflex Systems, Exxon Mobil, Global Industries, GlobalSantaFe, Halliburton, Nabors, Occidental Petroleum, Royal Dutch/Shell, Schlumberger, Smith International, Tesco, Total, Trican Well Service, Varco International et Weatherford International.

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