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Plaidoyer pour
la mondialisation Les biens, les services, les capitaux, l’épargne et les individus traversent les frontières parce que, fondamentalement, c’est ce que veulent les gens. Que d’âneries ont été dites et écrites au sujet de la mondialisation. La quasi totalité des ouvrages publiés sur ce thème, en France surtout, véhiculent des mythes, des idées fausses, des chiffres (lorsqu’il y en a) tronqués et mal interprétés, quand ce n’est pas des histoires d’horreurs totalement inventées. Ainsi, la mondialisation nous conduirait en droite ligne vers le fascisme et le totalitarisme; ce serait la fin de nos démocraties; les pays pauvres seraient encore plus pauvres, et les pays riches toujours plus riches; les multinationales américaines contrôleraient le monde; la culture hollywoodienne dominerait tous les esprits; et les catastrophes écologiques nous précipiteraient dans une mort certaine avant 2050. Un nouveau livre, écrit par un auteur suédois et traduit en français, vient enfin remettre les pendules à l’heure. Publié grâce à l’initiative de l’Institut économique de Montréal, l’ouvrage de Johan Norberg se veut un «Plaidoyer pour une mondialisation capitaliste» (c’est d’ailleurs son titre). Chercheur à l’Institut Timbro de Stockholm, Norberg explique avec justesse que la mondialisation n’est que le résultat de nos actes quotidiens et qu’elle est d’abord poussée par la base (les consommateurs principalement), avant d’être l’initiative de l’État et de ses dirigeants. Les biens, les services, les capitaux, l’épargne et les individus traversent les frontières parce que, fondamentalement, c’est ce que veulent les gens. Certains politiciens ont beau prétendre que «nous perdons» notre capacité d’intervenir sur notre société à cause de la mondialisation, mais la vérité est qu’ils sont les seuls à perdre ce pouvoir. «En fait, écrit Norberg, ce pouvoir qu’ils perdent, c’est nous, citoyens ordinaires, qui le gagnons». Les critiques de la mondialisation laissent entendre que ce phénomène est une sorte de complot qui a commencé avec l’arrivée au pouvoir d’idéologues ultra-libéraux comme Ronald Reagan aux États-Unis et Margaret Thatcher en Angleterre. En fait, on se rend compte aujourd’hui que les plus farouches partisans et artisans de la mondialisation sont, ou ont été, des communistes en Chine, en Russie et en Pologne, des protectionnistes en Amérique latine et des nationalistes en Asie, ou encore des sociaux-démocrates en Suède et au Québec. On est loin de ces soi-disant conspirateurs néo-libéraux qui auraient voulu administrer une thérapie de choc à l’échelle mondiale. «Ce sont plutôt des politiciens pragmatiques, souvent antilibéraux, qui trouvaient que leur gouvernement avait exagéré en voulant tout contrôler, qui ont décidé de commencer à libéraliser leur économie», écrit avec raison Norberg. On n’a qu’à prendre l’exemple de Jean Chrétien pour s’en convaincre. Farouche opposant au traité de libre-échange entre le Canada et les États-Unis lorsqu’il était dans l’opposition, il a compris, depuis qu’il est premier ministre, qu’il faut encourager le libre-échange partout à travers le monde pour sortir les pays les plus pauvres de leur pauvreté chronique. La mondialisation, contrairement à ce que disent certains leaders d’opinions, a réduit les inégalités entre les pays. Elle a contribué à faire apparaître et à renforcer la démocratie et les libertés individuelles dans plusieurs régions du monde. Elle a réduit l’oppression envers les femmes et bouleverser les vieilles traditions patriarcales qui enlèvent toute liberté et tous droits socio-politiques aux femmes. Et enfin, elle pousse les nouvelles démocraties libérales, encore fragiles, vers plus de vigilance en matière de protection de l’environnement. Bref, la mondialisation est là pour rester, et c’est tant mieux. Plaidoyer pour la mondialisation capitaliste est l’un des meilleurs livres que j’ai lus sur le sujet, sinon le meilleur. Norberg réussit, avec un talent certain en matière de vulgarisation, à nous expliquer les vertus et les retombées fantastiques des libertés individuelles, des droits de propriété et du libre marché, lorsqu’ils sont défendus et promus par un État libéral. Il n’hésite pas
à appuyer son argumentation par des dizaines d’études
universitaires et de travaux de recherche des grands organismes internationaux
(FMI, Banque Mondiale, Organisation mondiale du commerce, etc.): un exercice
que les critiques de la mondialisation devraient faire de temps en temps,
d’autant plus que cette masse d’informations est de plus en
plus libre et gratuite, et qu’elle circule sans entraves (Oh horreur!)
à travers le monde. Pour consulter les chroniques précédentes "Investir selon les tendances", cliquez ici
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