Le risque de hausse des taux d'intérêts américains nuiront aux fabricants d'automobiles

*Source : Mes nouvelles Talvest

Il y a seulement quelques semaines, d'excellents bénéfices faisaient miroiter des moments heureux pour les titres de fabricants d'automobiles, atténuant du fait même l'engouement des investisseurs pour les taux d'intérêt. Cela allait de soi compte tenu de l'étonnante remontée de ces titres à ce moment-là. Mais aujourd'hui, on commence à douter d'une éventuelle progression de l'industrie automobile.

Après que Credit Suisse First Boston eut déclassé le secteur, revoyant à la baisse les prévisions et les cours de la plupart des titres du groupe, dont ceux de Ford, de General Motors, de Borg Warner, de Delphi, de Lear, de TRW Automotive de Visteon, ces titres ont freiné brusquement. À quoi attribuer cette décision?

Facteurs défavorables

  • La menace d'une baisse de la production, compte tenu de stocks « obstinément élevés » (par exemple, Credit Suisse First Boston a fait passer le nombre de véhicules légers produits en Amérique du Nord en 2004 de 16,5 à 16,2 millions d'unités)
  • La hausse inévitable des taux d'intérêt à court terme (qui fait ressortir la fragilité du groupe, de nombreux investisseurs s'apprêtant à délaisser ces titres lorsque la Fed entreprendra un cycle de resserrement)

Pourquoi les taux d'intérêt inquiètent-ils? C'est qu'il y a toujours eu une relation de cause à effet négative entre les taux à court terme et la demande de voitures. Autrement dit, lorsque les taux augmentent, la demande de voitures fléchit. Ce qui expliquerait pourquoi les analystes s'inquiètent de la supposition surfaite voulant que les ventes de voitures en 2004 avoisinent celles des dernières années. Une hausse des taux provoquerait, au contraire, un recul relatif des ventes cette année.

Il ne faut pas désespérer pour autant. Bien que Credit Suisse First Boston s'attende à ce que l'industrie automobile subisse des pressions considérables, certains analystes estiment que le groupe affiche quelques données fondamentales intéressantes :

  • Évaluations relativement attrayantes des titres (GM : 8 fois les bénéfices, 1 fois la valeur comptable et 0,14 fois les revenus; Ford : 12 fois les bénéfices, 2,1 fois la valeur comptable et 0,15 fois les revenus)
  • De bons dividendes (4,4 % pour GM et 3 % pour Ford)

Conclusion? Face au risque d'augmentation des taux d'intérêt et de baisse de la production, des évaluations relativement intéressantes et de bons dividendes ne suffiront sans doute pas pour que les titres de fabricants d'automobiles se démarquent.

Voici quelques titres de ce groupe : DaimlerChrysler, Fiat, Ford Motor, General Motors, Honda, Nissan, Peugeot, Renault, Toyota et Volkswagen.

Pour consulter les chroniques précédentes "Investir selon les tendances", cliquez ici