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L'analyse technique : une science ou un art? Pour mieux connaître André Gosselin et découvrir ses 7 volumes de la série LAmérique boursière. Cliquez ici Le classique des classiques en analyse technique moderne est le livre de Robert Edwards et John Magee, Technical analysis of stock trends, dont la première édition remonte à 1948. Leur définition de l'analyse technique en dit long sur les prétentions des adeptes de cette méthode de placement : "L'analyse technique fait référence à l'étude du comportement des marchés boursiers eux-mêmes, par opposition à l'étude des titres et des compagnies inscrits sur le marché. L'analyse technique est la science qui consiste à enregistrer, notamment sous forme de graphiques, les transactions effectuées sur les titres boursiers (changement de prix, volumes de transaction, etc.), afin d'en tirer un portrait ou un pattern qui permettra d'en déduire la tendance future". Ainsi, l'analyse technique serait une science aux dires de Edwards et Magee. Une discipline d'autant plus scientifique que ses résultats sont représentés par des graphiques (y a-t-il quelque chose de plus scientifique qu'un graphique?). Des graphiques qui représentent des phénomènes quantifiables et objectivables (des prix, des volumes de transaction, etc.), et à partir desquels on tire des déductions (le raisonnement déductif n'est-il pas le raisonnement par excellence de la science?). Magee croyait tellement à ce que ces graphiques pouvaient lui révéler sur les titres boursiers, qu'il avait l'habitude de lire les journaux deux semaines après leur publication afin de s'assurer que les nouvelles et les autres données fondamentales n'altèrent pas son jugement sur l'évolution future des cours de la Bourse. Technical Analysis Explained, écrit par Martin J. Pring, est un ouvrage plus contemporain (1991) qui rapporte les tout derniers développements et toutes dernières innovations en analyse technique. C'est l'équivalent de l'ouvrage fondateur de Edwards et Magee, mais dans une forme plus moderne et plus à jour. La définition que Pring nous propose de l'analyse technique est très instructive lorsqu'on la compare à celle de Edwards et Magee. Instructive parce que l'analyse technique n'y est pas présentée comme une science, mais plutôt comme un art. La position des nouveaux partisans et promoteurs de l'analyse technique semble donc plus humble et, surtout, plus réaliste que celle des pères fondateurs. Comme si on avait pris toute la mesure des quelques travaux scientifiques et des preuves accablantes qui remettent en question les prétentions initiales des premiers théoriciens de l'analyse technique. "L'approche de l'analyse technique en investissement, écrit Pring, repose sur l'idée que les prix des actions obéissent à des tendances, des pattern, qui ne sont que le reflet des changements constants dans les attitudes des investisseurs vis-à-vis les événements économiques, monétaires ou politiques, et face aussi aux facteurs psychologiques qui déterminent les sentiments de l'ensemble des investisseurs. L'art de l'analyse technique - car il s'agit bien d'un art ici - consiste à identifier les changements de tendance suffisamment tôt pour pouvoir en tirer profit, et réaliser des placements jusqu'au moment où le poids des évidences indique un changement de tendance". Se demander si une stratégie boursière est un art ou une science n'est pas un problème bien formulé. D'abord, une stratégie boursière n'est pas une science. C'est plutôt une pratique ou une activité qui peut reposer sur les travaux scientifiques et sur le raisonnement rigoureux et l'épreuve des faits, mais sans nécessairement que ce soit toujours le cas. L'analyse technique se fonde certes sur un ensemble de postulats raisonnables et légitimes (ex : le marché boursier est d'abord une affaire d'offre et de demande de la part des investisseurs), mais c'est d'abord une technique, ou plutôt un ensemble de techniques qui servent à prédire les tendances du marché ou d'un titre en particulier. En précisant qu'il s'agit bel et bien d'un art, Martin Pring veut sans doute insister sur le fait que l'analyse technique ne cherche pas systématiquement à se soumettre au système de la science, tel qu'il existe en finance et en science économique. André Gosselin,
vice-président recherche Orientation Finance
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