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Les bénéfices surprises
Une revue de toute la littérature spécialisée sur le sujet nous permet de conclure que les chercheurs font consensus sur la rentabilité de ce critère d’investissement. Selon une enquête de la société Merrill Lynch, les investisseurs professionnels en ont également fait l’un de leurs principaux critères de sélection de titres. Depuis quelques années, les trois critères de sélection les plus populaires auprès des investisseurs professionnels sont, dans l’ordre, les suivants : 1. Les bénéfices
par action des compagnies qui constituent une surprise pour les analystes; Les gestionnaires professionnels de portefeuille se fient beaucoup au travail des analystes pour effectuer leur sélection de titres. Quand les analystes révisent leurs prévisions de bénéfices à la hausse, ils sont aux aguets, prêts à sauter sur la moindre bonne occasion qui se présente. Lorsque les sociétés déclarent des bénéfices qui sont bien au-dessus ou bien au-dessous des prévisions des analystes, les zinzins se précipitent pour vendre ou pour acheter, suivant le cas. Et quand la révision des bénéfices par la analystes survient après la diffusion des bénéfices qui constituent une surprise pour eux, alors, les gros gestionnaires de portefeuilles ne se possèdent plus. On peut émettre l’opinion que les bénéfices surprises des compagnies et les révisions de prévisions des bénéfices par les analystes sont des facteurs déjà trop exploités par les gestionnaires professionnels. L’utilisation excessive de ces critères risques, comme on le sait, de les rendre contre-productifs. Dès qu’un trop grand nombre d’investisseurs exploitent les mêmes signaux d’achat de titres, les prix montent aussitôt, sans que l’investisseur puisse vraiment en tirer profit. Comme le disent les chercheurs : le marché reprend son efficience et l’anomalie disparaît. Ce n’est pas la première fois que l’on observe ce phénomène et ce ne sera pas la dernière. Le défi consiste à trouver les conditions, les situations ou les secteurs qui permettent encore d’exploiter les bénéfices surprises et les révisions des bénéfices attendus. Or, dans le secteur des titres de micro- et de petite capitalisation, il est toujours possible d’exploiter les révisions des analystes et les bénéfices surprises. Le domaine des titres de micro-capitalisation, notamment, sera toujours un jardin interdit aux gros gestionnaires de portefeuille et une sorte de club privé où ne sont admis que les petits investisseurs indépendants. Comme très peu de petits investisseurs sont au courant du filon d’or des bénéfices surprises et des révisions de profits par les analystes, nous sommes en terrain vierge. Une équipe de chercheurs a démontré que 31 % du rendement total des titres se fait avant la publication de l’information sur les bénéfices surprises, que 18 % de ce rendement est réalisé le jour même de la nouvelle et que 51 % du rendement se produit après la nouvelle. D’autres ont observé qu’il faut généralement jusqu’à 180 jours au marché pour s’ajuster aux nouvelles sur les bénéfices inattendus des entreprises. Les bénéfices inattendus ont même tendance à se répéter sur les trois trimestres suivants. Que les entreprises soient de petite ou de grande taille, les mêmes constatations s’appliquent. Il appert que les
signaux qu’émettent, volontairement ou non, les analystes
financiers influent plus sur les petites capitalisations que sur les
grandes. Trois chercheurs américains ont observé, en 1984,
que l’investisseur qui mise sur l’anomalie des bénéfices
inattendus fera davantage de gains dans la catégorie des petites
entreprises que dans celle des grandes. Les professeurs Henry Latané
et Charles Jones ont insisté sur une autre condition propice
à l’exploitation des bénéfices inattendus
: les rendements recherchés sur la base du critère
des bénéfices imprévus sont supérieurs pour
les titres les moins activement suivis par les analystes et les investisseurs
institutionnels. N’est-ce pas l’une des caractéristiques
des petites entreprises par rapport aux plus grandes?
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