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Canadiens et Européens
ont aussi leurs « Dogs » * Chronique d'André Gosselin parue sur le site lesaffaires.com. À part les fonds négociés en bourse, on connaît peu de stratégies d’investissement aussi simple et facile que celle des Dogs du Dow Jones. Vous placez le même montant dans les 10 titres du Dow qui offrent les plus hauts rendements en dividendes, et vous attendez 12 mois avant de re-balancer votre portefeuille avec les 10 titres qui se classent dans cette catégorie. Dans mon livre Investir dans les titres de grandes entreprises (Éditions Transcontinental), j’ai montré sur la base de statistiques personnelles que les Dogs du TSE 35, depuis 1987 (année de création de l’indice), offrent des rendements supérieurs à l’indice lui-même. Des chiffres provenant d’Angleterre et d’Australie font aussi état de rendements très étonnants pour les Dogs de la Bourse de Londres et de la Bourse australienne. Or, une étude parue au début de l’année dans le Financial Analysts Journal confirme également que la stratégie des Dogs du Dow Jones, appliquée sur le marché canadien, a donné d’excellents résultats. Selon les deux auteurs de la recherche, les 10 titres du TSE 35 qui, à chaque année, offrent les meilleurs rendements en dividendes obtiennent un rendement total supérieur aux indices TSE 35 et TSE 300. Bien que la méthode implique un nombre de transactions plus élevé que celle qui consiste à investir dans un fonds négocié en bourse, ses rendements sont quand même supérieurs à cette seconde option. Mieux encore: quoiqu’elle soit plus coûteuse fiscalement qu’une simple stratégie d’investissement dans un indice, la méthode des Dogs du TSE 35 donne malgré tout des rendements nets plus élevés. L’étude des deux professeurs de finance américains, qui couvre la période 1987-1997, simulait un placement de 10 000 $ dans chacun des 10 titres de l’indice TSE 35 ayant le meilleur rendement en dividende. Le taux de rotation du portefeuille était d’à peine 25 %, ce qui signifie que deux ou trois titres seulement par année étaient vendus et remplacés. Les chercheurs signalent à juste titre que l’indice TSE 35 (aujourd’hui appelé TSX 35) est assez différent de l’indice Dow Jones et beaucoup moins diversifié, puisqu’il comporte des sociétés de services publics (pipeline, électricité, etc.), deux sociétés téléphoniques et sept banques. Comme les dividendes sont plus fortement taxés que les gains en capital, les chercheurs se sont demandé si la stratégie des Dogs du TSE 35 est fiscalement efficiente. Même en supposant un taux d’imposition de 40 % pour la stratégie des Dogs du TSE 35, versus un taux d’imposition de 20 % pour un fonds indiciel du TSE 35, la première option arrive à battre la seconde avec un gain total de 238 170 $ au 31 juillet 1997, versus 200 120 $ pour un placement indiciel. Mais la découverte qui m’étonne le plus est de voir qu’à niveau de risque égal, un placement dans les 10 titres qui constituent à chaque année les Dogs du TSE 35 est plus performant qu’un placement dans les 35 compagnies du TSE 35. Comme le disent les économistes financiers dans leur langage scientifique : le rendement, ajusté en fonction du risque, est plus élevé pour les Dogs que pour l’indice lui-même. Dogs européens Comme l’indice contient 50 titres plutôt que 30 comme le Dow Jones, on a constitué à chaque année un portefeuille des 15 titres (pour être plus proche d’un ratio du tiers de l’indice comme les Dogs du Dow Jones) ayant les plus hauts rendements en dividendes. Or, depuis 1993, les Euro Dogs ont donné un rendement total de 64 % supérieur à celui de l’indice Stoxx 50, en incluant les dividendes. C’est considérable. Comme il arrive souvent avec les Dogs du TSE 35, les Euro Dogs de 2003 contiennent un nombre important d’institutions financières, de banques et de compagnies d’assurance (le tiers du portefeuille). Ces sociétés sont actuellement boudées par les investisseurs européens, si bien que leurs rendements en dividendes deviennent très alléchants. Ainsi, les 15 Euro Dogs de 2003 offrent un rendement en dividende de 6,5 %, contre 3,6 % pour l’indice Stoxx 50 et 2,5 % pour l’indice Dow Jones. Le rendement annuel moyen des Dogs du Dow Jones, depuis 1973, est de 17 %, incluant les dividendes. C’est nettement mieux que le rendement de 12 % de l’indice Dow Jones pour cette période de près de 30 ans. Depuis 10 ans toutefois, la stratégie des mal-aimés du Dow a donné un rendement sensiblement équivalent à celui du Dow Jones, soit autour de 13 %. Par un drôle de paradoxe, il semble que les Dogs des marchés boursiers canadiens, européens et australiens offrent de meilleurs rendements depuis 10 ans que les Dogs du Dow Jones. Et pourtant, trop peu d’investisseurs aujourd’hui se laissent convaincre par les vertus d’une telle approche. Surtout du côté européen, là où l’art et la science de l’investissement sont en retard d’au moins 15 ans avec ce qui se fait en Amérique du Nord. Vous pouvez obtenir la liste des Dogs du TSX 35 ou du TSX 60, ainsi qu’une mise à jour régulière, sur le site stingyinvestor.com, à la section Stocks. Les 10 titres canadiens du TSX 60 offrant actuellement les plus hauts rendements en dividendes sont : Transalta, TransCanada Pipeline, BCE, Dofasco, Enbridge, Noranda, Banque Toronto Dominion, Banque Royale, Banque Nationale et Banque de Montréal. Référence : Pour consulter les chroniques précédentes "Les meilleures stratégies", cliquez ici
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