Initiation aux transactions d'initiés

*Source: Chronique d'André Gosselin parue dans le bulletin Disnat.  www.disnat.com

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Les « vieux loups » de l'investissement ne choisissent d'acheter les actions d'une entreprise qu'à la condition que ses dirigeants et administrateurs en fassent autant . Si le président et chef de l'exploitation, le président du conseil, le vice-président finance ou les membres du conseil d'administration achètent des actions pour leurs portefeuilles personnels, alors et alors seulement ils considéreront la possibilité d'en acheter.

Leur raisonnement va comme suit : il est tellement facile pour les chefs d'entreprises de maquiller les bénéfices de leurs sociétés, qu'il n'est plus suffisant de se fier aux résultats financiers des entreprises pour juger de leur valeur.

La très grande majorité des initiés qui se donnent la peine d'acheter des actions des entreprises qu'ils dirigent le font avec un horizon de placement à moyen ou long terme. Contrairement à la croyance populaire, très peu d'initiés réalisent des transactions sur les actions de leur compagnie en ne pensant qu'à faire « une passe » vite faite, bien faite.

Ainsi, il n'est pas nécessaire d'être une sorte de « day trader » pour tirer profit des titres qui font l'objet de transactions d'initiés, car les rendements excédentaires de cette catégorie de titres s'étendent sur une période d'environ 12 mois.

Les quelques études sur la valeur des transactions d'initiés, pour l'investisseur qui n'en est pas un, sont plutôt concluantes. Le professeur Nejat Seyhun, dans son livre I nvestment Intelligence from Insider Trading (publié en 1998), a montré que les stratégies d'investissement qui exploitent l'information publique sur les transactions d'initiés peuvent procurer d'excellents rendements pour les investisseurs qui tentent de les imiter.

Par exemple, l'investisseur qui ne craint pas d'investir dans les titres de très petites entreprises (capitalisation boursière inférieure à 50 millions de dollars) a pu réaliser, entre 1975 et 1996, un rendement supérieur de 7,4 % à celui du marché, simplement en imitant les principaux hauts dirigeants comme le PDG, le président du conseil, ou le vice-président finance. Celui qui préfère investir dans les entreprises de toute taille, en suivant les transactions d'achat des hauts dirigeants impliquant au moins 10 000 actions, a pu compter sur un rendement de 6,7 % de plus que celui du marché pour la même période.

La transaction d'initié qui contient le meilleur potentiel de gain semble celle-ci : une transaction d'achat par un membre de la haute direction, dans une firme de petite taille (moins de 50 millions de dollars de capitalisation boursière), impliquant un volume d'au moins 10 000 actions. Le rendement annuel moyen, entre 1975 et 1996, des titres qui ont fait l'objet d'une telle transaction a surpassé le rendement du marché par une marge de 14,7 % sur 12 mois . Autrement dit, si le rendement moyen du marché est de 10 % par année, vous pouvez alors vous attendre à un rendement moyen de 24,7 %.

Les grands patrons ne sont pas omniscients et peuvent toujours se tromper. Mais quand le titre de leur entreprise constitue une aubaine, ils savent le reconnaître et en profiter. Et vous ?

André Gosselin

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