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L’effet
janvier *Chronique d'André Gosselin, vice-président recherche de Orientation Finance, parue sur le site lesaffaires.com. Pour mieux connaître André Gosselin et découvrir ses 6 volumes de la série LAmérique boursière. Cliquez ici Gérer un portefeuille en fonction des tendances du marché n’est pas le meilleur conseil que l’on puisse fournir à l’investisseur. Pourtant, les statisticiens ont remarqué des «effets de calendrier» importants et lucratifs qui intriguent non seulement les spéculateurs, mais aussi les universitaires qui cherchent les causes de ces phénomènes saisonniers. Un de ceux-là est le fameux effet janvier. L’effet janvier est la propension des titres de petites capitalisations à faire mieux que le marché dans son ensemble au tournant de l’année (deux dernières semaines de décembre et janvier). Depuis un quart de siècle, ce phénomène suscite toutes sortes d’interrogations dans les milieux de la finance, à un point tel que deux chercheurs américains, Robert Haugen et Josef Lakonishok, n’ont pas hésité à écrire un livre sur le sujet (The Incredible January Effect). Les deux chercheurs ont notamment montré que si vous achetez un panier de titres de petites entreprises américaines durant la seconde moitié de décembre, et que vous conservez ce panier durant tout le mois de janvier, vous avez de bonnes chances de réaliser un rendement qui sera supérieur de 5% à 10% à celui du marché pour une période d’à peine 6 semaines. Depuis 1925, les indices de petites capitalisations ont réalisé un gain de plus de 5,9% en janvier, alors que l’indice S&P 500 s’est contenté d’un rendement moyen de 1,5% durant ce mois de l’année. Plusieurs explications ont été avancées pour expliquer l’effet janvier. La plus connue met en cause les raisons fiscales: les investisseurs vendent en fin d’année, pour profiter d’une déduction fiscale, les titres qui ont connu des rendements négatifs, et les chasseurs d’aubaines les rachètent en janvier, notamment les initiés des petites entreprises. Certains ont soutenu que les aubaines que l’on ramasse à la fin de décembre sont des titres d’entreprises de petite taille, méconnues, qui ont encaissé des pertes durant l’année et que les gestionnaires de fonds choisissent d’effacer de leur bilan pour présenter un beau rapport annuel à leurs clients lors de l’année suivante. Même durant les périodes de dépression économique et boursière, les titres de petites capitalisations peuvent générer des rendements parfois spectaculaires en janvier. Après avoir perdu plus de 90% de leur valeur durant la Grande crise de 1929, les small caps ont donné un rendement de 13% en janvier 1930, de 21% en janvier 1931 et de 10% en janvier 1932. Durant tout le 20e siècle, janvier fut le seul mois de l’année où les petites capitalisations ont fait mieux que les grandes capitalisations. L’effet janvier n’a pas toujours été constant. Mais il est toujours revenu en force après une période de disette. Durant les années 1990, par exemple, les grandes entreprises ont généralement mieux fait que les petites en janvier. Est-ce que les années 2000 annoncent un rattrapage? Une étude de James Poterba et Scott Weisbenner, paru en 2002 dans le Journal of Finance, a montré que l’effet janvier est particulièrement fort quand le marché boursier a encaissé une perte durant l’année. Et plus la baisse des indices est importante, plus l’effet janvier est significatif. Ainsi, 2003 pourrait offrir de bonnes conditions pour un effet janvier payant. Je ne recommande pas
à l’investisseur d’exploiter systématiquement
l’effet janvier, année après année, en vendant
leurs titres de grandes compagnies pour n’acheter que des small
caps. Pour moi, l’effet janvier veut seulement dire que c’est
le meilleur moment de l’année pour acheter des titres de
petites entreprises.
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