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L'investisseur peut-il appliquer avec succès les stratégies des initiés? Selon le professeur Seyhun, il y a trois facteurs qui déterminent si oui ou non l'investisseur externe (le outsider) peut imiter avec succès les initiés et les transactions que ces derniers réalisent sur le titre de leur compagnie avec leur propre argent :
Aux États-Unis comme au Canada, les patrons des entreprises cotées en bourse doivent dévoiler les transactions qu'ils effectuent sur les titres des compagnies qu'ils dirigent. Aux États-Unis, un initié doit transmettre à la Securities and Exchange Commission (la SEC) toutes les transactions qu'il réalise pour son propre compte sur les actions sa compagnie, sans dépasser les 10 premiers jours du mois qui suit le mois de la transaction elle-même. Si la transaction est réalisée le 1er janvier, elle doit être dévoilée à la SEC le 10 février au plus tard. Si elle est faite le 31 janvier, l'individu doit en informer la SEC le 10 février suivant. En somme, aux États-Unis, les transactions d'initiés sont connues du grand public dans un délai qui varie entre 10 et 40 jours après avoir été exécutées. Au Canada, le délai varie entre 30 et 60 jours puisque l'initié a jusqu'à la fin du mois, suivant le mois de la transaction, pour déclarer sa transaction. Les lois américaines, canadiennes et européennes interdisent à un dirigeant d'entreprise cotée en bourse d'acheter ou de vendre des actions de sa compagnie sur la base d'informations privilégiées, c'est-à-dire non publiques. Il ne peut pas, par exemple, acheter des actions de sa compagnie sous prétexte qu'il sait que les bénéfices du prochain trimestre seront meilleurs que ceux anticipés par les analystes. De la même façon, un patron de compagnie pharmaceutique ne pourrait pas vendre des actions de sa compagnie en sachant, avant le public des investisseurs, qu'une étude clinique n'est pas concluante. Bien sûr, il
arrive souvent que les apparences soient trompeuses. Par exemple, le 14
mars 2002, le titre de la pharmaceutique québécoise Labopharm
plongeait de 45%, après que le géant Aventis et un
autre partenaire eurent mis un terme au développement d'un des
produits de la compagnie. Le 13 mars, le titre de Labopharm s'échangeait
à plus de 9$, pour atteindre un creux de moins de 5$ le jour suivant.
Un journaliste du site financier Webfin écrivait, avec ironie,
que le grand patron de Labopharm, James Howard-Tripp, "avait
fait preuve de beaucoup de "flair" dans ses récentes
transactions boursières". En effet, le p.-d.g. de la compagnie
avait exercé 37 000 options à 1,81$ le 7 mars 2002, et vendu
37 000 actions à 10$ le jour même. Quelques temps auparavant,
Donald Buxton, membre du conseil de Labopharm, vendait près
du tiers de ses actions, soit 50 000 à des prix variant entre 9,42$
et 9,76$, du 15 février au 1er mars 2002. Son collègue Richard
Mackay, lui aussi membre du conseil, vendait 17% de ses actions le 7 février
2002, soit un total de 20 000 à un prix de 10,09$. André
Gosselin, vice-président recherche Orientation Finance
© Orientation Finance Inc.
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