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Le retour du «market timing» "Source : Chronique d'André Gosselin, parue sur le site lesaffaires.com. Les dix prochaines années, disent les tenants du timing de marché, s’annoncent donc comme une période où la bourse va évoluer dans un long corridor horizontal, avec évidemment des hauts et des bas, des rallyes importants mais aussi des corrections sévères. La philosophie du «buy and hold» (acheter pour conserver) doit céder la place à une stratégie d’anticipation du marché dans son ensemble... Le mot est lâché: «market timing». Ce qui était considéré, dans les années 1980 et 1990, comme une erreur à ne jamais commettre, ou du moins comme une approche dépassée, gagne maintenant de plus en plus d’adeptes, et non des moindres. La guerre en Irak, avec son lot d’endettements et d’incertitudes géopolitiques, n’est qu’une des raisons qui militent en faveur d’une stratégie où l’investisseur doit essayer de prévoir les deux ou trois déprimes majeures de tout marché boursier durant une année, et les deux ou trois courses à la hausse sur lesquelles il faut miser pour tirer son épingle du jeu. Les dix prochaines années, disent les tenants du timing de marché, s’annoncent donc comme une période où la bourse va évoluer dans un long corridor horizontal, avec évidemment des hauts et des bas, des rallyes importants mais aussi des corrections sévères. Bref, il faudra s’adapter ! Les aînés parmi les investisseurs ont bien connu cette situation entre 1965 et 1982, alors que les indices américains ont carrément fait du surplace. Dix-sept ans de rendements nuls, c’est long, très long. Autrement dit, la philosophie du «buy and hold» (acheter pour conserver) doit céder la place à une stratégie d’anticipation du marché dans son ensemble, ou encore à une stratégie de transactions plus agressive. Dans le marché haussier qui a duré 18 ans, il suffisait, pour obtenir d’excellents rendements, d’acheter des titres de grandes compagnies connues et de les conserver sans trop se soucier des conflits géopolitiques, des récessions et des crises financières. Cette époque est révolue. Un de ceux qui tiennent ce discours est Peter Bernstein, fondateur du Journal of Portfolio Management, une revue universitaire prestigieuse, et auteur de l’excellent Capital Ideas, un livre qui retrace l’histoire des idées qui ont révolutionné Wall Street lors des 50 dernières années. Selon Bernstein, il faut repenser nos horizons de placement et être plus rapide sur la gâchette quand vient le temps de vendre un titre et d’encaisser ses gains, ou encore de profiter d’une aubaine momentanée. D’autres chiffres incitent à plus de modestie. Entre 1900 et 2001, le PIB per capita des États-Unis a grimpé de 1,9 % par année, les profits des compagnies ont monté de 1,5% par année et les dividendes ont connu une croissance annuelle de 1,1%. Et tout cela durant une période où les Américains ont profité de l’économie la plus performante de la planète. Les attentes des investisseurs, comme des analystes financiers, doivent donc s’aligner sur des perspectives plus humbles que celles qu’ils ont en tête actuellement. Le marché baissier des trois dernières années nous a quand même gratifié de quelques marchés à la hausse parmi les plus importants dans l’histoire du Nasdaq. La Bourse de Tokyo a aussi offert des occasions semblables au cours de sa lente descente des 10 dernières années. Il faut savoir être flexible, opportuniste, autant quand les nouvelles sont mauvaises que lorsqu’elles sont bonnes. Comme le marché est encore cher, dit Bernstein, chaque rallye que nous allons connaître risque davantage d’être une hausse temporaire et à court terme, qu’une occasion ou un tremplin vers une hausse permanente et à long terme. Et j’ajouterais que le marché n’est pas parti pour tomber en territoire de super aubaines, comme ce fut le cas à la fin des années 1970. Il y a tellement de gens qui suivent les marchés aujourd’hui (par l’entremise de l’Internet ou autrement), tellement de fonds communs de placement et, enfin, tellement de ménages qui comptent sur leurs actions en bourse pour atteindre leurs objectifs de retraite, qu’il est très improbable de voir une capitulation en règle de la masse des investisseurs et son lot d’aubaines. Durant la
très ingrate période qui va de la fin des années
1960 au début des années 1980, plusieurs investisseurs ont
réalisé des rendements très intéressants,
en dépit du fait que la moyenne des investisseurs et que les indices
aient végété. Ils savaient quels titres choisir,
et surtout quand les acheter et quand les vendre. Leur horizon de placement
pour un titre n’était pas de 3 à 10 ans. Ils tablaient
plutôt sur un horizon de 6 à 12 mois. Voilà
sans doute un principe qu’il faudra accepter et apprendre à
exploiter à bon escient. Pour consulter les chroniques précédente "Les meilleures stratégies", cliquez ici
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