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Les mal-aimés du S&P 500 * Chronique d'André Gosselin, vice-président recherche Orientation Finance, parue sur le site Les Affaires.com. J'ai toujours eu un intérêt marqué pour les grandes compagnies américaines qui offrent un généreux rendement en dividende. Par exemple, depuis plus de deux ans, je suis de près l'évolution du titre de la compagnie Philip Morris (MO), le grand fabricant de tabac, de bières et des produits Kraft. Cette entreprise attire d'autant plus mon attention qu'elle est l'une des 30 grandes multinationales américaines qui font partie du fameux indice Dow Jones. En janvier 2000, le titre de Philip Morris offrait un dividende par action de 2$US, alors qu'il se négociait autour de 23$US. Ainsi, le rendement du dividende était d'un peu plus de 8% (2$/23$ = 8,7%), compte tenu du prix de l'action à ce moment là. Certes, il fallait une bonne dose d'audace pour acheter les actions d'une compagnie qui fait face à la justice et qui, de plus en plus, admet les dangers de la cigarette sur la santé. Mais le risque en valait la chandelle. Lors des 12 mois terminés le 1er janvier 2001, le titre de Philip Morris est passé de 23$ à 44$, soit un rendement de 91%. Ajoutez-y le gain en dividende de 8%, et vous obtenez un rendement total de 99% pour l'année 2000. Les investisseurs professionnels qui n'ont pas hésité à investir dans Philip Morris en 2000 vous diront que ce placement n'était pas très risqué puisque la valeur aux livres des actifs de la seule division Kraft était d'un peu plus de 20$US. L'année 2000 a été relativement bonne pour les adeptes de la fameuse méthode des Dogs of the Dow, cette stratégie qui consiste à investir dans les titres du Dow Jones (5 ou 10 selon les goûts) qui offrent le meilleur rendement en dividende en début d'année. Ainsi, ceux qui ont misé sur les 10 titres (dont Philip Morris) qui donnaient le meilleur taux de dividende en janvier 2000 ont réalisé un rendement total de 6,4%, tandis que ceux qui ont misé sur les "small dogs" (les 5 titres, parmi les 10, dont le cours de l'action est le moins élevé) ont obtenu un rendement total de 12%. Comparé au rendement négatif de -4,7% du Dow Jones en 2000, ce bilan est tout de même respectable. Pour les investisseurs frileux dont la tolérance au risque n'est pas très élevée, une stratégie qui consiste à investir dans les grandes compagnies américaines qui offrent un bon rendement en dividende est, à mon avis, tout indiquée. Par contre, j'aime bien sélectionner mes titres au sein de l'indice S&P 500 plutôt que dans le Dow Jones. Pourquoi le S&P 500? Pour une raison très simple. L'indice Standard & Poor's 500 est composé, comme son nom l'indique, de 500 compagnies parmi les plus représentatives de l'économie américaine, alors que le Dow Jones ne contient que 30 compagnies. Ainsi, l'échantillon du S&P 500 comporte un plus large éventail de titres à haut rendement en dividende que celui du Dow Jones. Outre le bon rendement du dividende, mon premier critère de sélection consistait à retenir que les compagnies qui génèrent des bénéfices par action assez substantiels pour pouvoir payer le dividende à leurs actionnaires. Ainsi, au début de l'année 2001, j'ai choisi la compagnie Deluxe Corporation parce qu'elle réalisa un bénéfice par action de 3,21$ lors du dernier exercice, tout en distribuant un dividende de 1,48$ par action à ses actionnaires. Le dividende représentait une portion raisonnable de 46% du bénéfice ou, si vous préférez, 46% des profits réalisés par la compagnie étaient distribués sous forme de dividende aux actionnaires. Il restait donc, dans les coffres de l'entreprise, assez d'argent pour assurer son expansion et augmenter la valeur de son action. Le pourcentage des profits remis aux actionnaires dépend d'une compagnie à l'autre et, surtout, d'un secteur industriel à l'autre. Par exemple, les entreprises de service public (électricité, gaz, etc.) ont l'habitude de donner une assez grande part de leurs profits à leurs actionnaires. C'est le cas aussi, mais dans une moindre mesure, des banques et des institutions financières. Une exigence que j'ai posée afin d'arriver à une sélection de choix est que les recommandations des analystes concernant chaque compagnie soient plutôt favorables. Nous sommes en présence de mal-aimés du marché en général, mais pas nécessairement du point de vue des analystes qui ont pour mandat de les suivre à la trace et de faire des recommandations à leur sujet. Pour reprendre l'exemple de Deluxe Corp., on constatait au début de 2001 que deux analystes faisaient une recommandation "Strong Buy", deux autres analystes faisaient une recommandation "Buy", un analyste recommandait de conserver le titre (Hold), et aucun ne recommandait la vente ("Moderate Sell" ou "Strong Sell") du titre. Les adeptes de la méthode des Dogs du Dow Jones nous diraient d'acheter les cinq ou dix titres du S&P 500 qui offrent le plus haut taux de dividende et de les conserver durant un an, sans aucune autre forme d'analyse plus poussée. Une fois les 52 semaines écoulées, on vend les titres qui ne se classent plus dans la liste et on achète de nouveaux titres qui offrent de meilleurs rendements en dividende. Les titres qu'on aura vendus seront ceux qui ont pris de la valeur sur le marché, nous permettant ainsi d'encaisser un joli gain en capital. Et comme leurs cours en bourse ont monté, les chances sont bonnes que leurs rendements en dividende ne soient plus aussi élevés. J'aime bien cet aspect simple et mécanique d'investir, mais je préfère introduire un peu plus d'analyse fondamentale, subjective diraient certains, afin d'éviter les entreprises qui représentent un réel danger pour l'investisseur. C'est pourquoi j'accorde un certain crédit aux recommandations des analystes et que je tente de voir si une compagnie génère assez de profits pour payer un bon dividende à ses actionnaires. Je suggère aussi de mettre davantage l'accent sur les entreprises du secteur industriel que sur celles de l'industrie des services publics. Elles ont plus de chances de rebondir, le dividende ne gruge pas la presque totalité des profits et on introduit plus de diversification dans notre portefeuille. Le plus intéressant avec les compagnies qui offrent un fort rendement en dividende sur leurs actions ordinaires est que le dividende devient, justement, si attrayant qu'il agit comme un support pour éviter que le titre ne descende plus bas. Pour ceux qui n'ont pas aimé la douche d'eau froide du marché américain, et du Nasdaq en particulier, en 2000 et 2001, voilà une bonne façon de revenir en douceur dans l'arène et avec de meilleures garanties. Orientation Finance vous propose son portefeuille "Titres à haut rendement en dividende", mis à jour mensuellement pour les nouveaux investisseurs. Pour consulter les chroniques précédentes de "Les meilleures stratégies", cliquez ici
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