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Les principaux critères pour apprécier une stratégie d’investissement, selon André Gosselin
Pour m'en tenir à
l'essentiel, je dirai qu'il y a cinq principaux critères qui permettent
d'apprécier les mérites et les vertus d'une stratégie
d'investissement. Afin d'être acceptable et bien adaptée
aux intérêts et aux capacités des investisseurs individuels,
une stratégie d'investissement se doit
1. La validité d'une stratégie d'investissement est sa capacité de donner des rendements futurs qui correspondent à ses rendements passés. En science, la validité exige d'abord qu'un objet particulier puisse être observable. Ensuite, la théorie doit être vraie et en bonne adéquation avec la réalité qu'elle cherche à expliquer. Enfin, la théorie doit permettre d'établir de bonnes prédictions. On n'en attend pas moins d'une bonne stratégie d'investissement : elle doit reposer sur des hypothèses observables qui s'accordent le plus parfaitement possible avec l'univers de la Bourse et des investisseurs. Plus exactement, elle doit savoir reconnaître les facteurs qui contribuent à définir le rendement des titres boursiers, et elle doit connaître les relations d'influence qui existent entre ces facteurs. Ce n'est qu'à cette condition que ses prédictions pourront s'avérer assez justes. En termes clairs, une stratégie sera d'autant plus valide qu'elle a été testée sur une longue période boursière et dans plusieurs marchés boursiers à la fois. On pourrait même affirmer que la validité d'une stratégie, au bout du compte, est sa capacité de battre le marché ou un indice de référence. Il existe des stratégies populaires d'investissement qui ont fait l'objet d'une enquête minutieuse pour en déterminer l'efficacité durant une période de 50 ans, voire 100 ans d'historique boursier. D'autres n'ont jamais été vérifiées et ne le seront probablement jamais, notamment à cause de carences sur les plans de la fidélité, de la compréhension et de la simplicité. 2. La fidélité d'une stratégie d'investissement fait référence à son caractère reproductible. Elle est une condition de sa validité. Dans le domaine des sciences, humaines ou physiques, on dit d'une méthode scientifique ou d'un devis expérimental qu'ils sont fidèles si l'on peut répéter le test sur des objets comparables en obtenant le même résultat. Tout scientifique qui fait une découverte qu'il juge importante doit être en mesure, par exemple, de préciser très exactement sa démarche et la façon dont il s'y est pris pour arriver à ses observations et à ses conclusions. Ainsi, l'un de ses collègues ou de ses pairs pourra toujours refaire le même cheminement et, si le degré de fidélité de l'expérience est suffisamment élevé, il devrait aboutir au même résultat ou à la même découverte. Ce qu'on appelle la reproductibilité de la démarche de découverte et d'établissement de la preuve est un principe fondamental de toute science qui se respecte. On voit immédiatement le parallèle qu'il est possible d'établir avec l'activité humaine de l'investissement : une stratégie de placement sera considérée comme étant parfaitement fidèle si deux investisseurs différents, qui travaillent séparément et sans se parler, sont en mesure d'appliquer cette stratégie pour arriver exactement au même portefeuille, avec les mêmes titres et dans les mêmes proportions, pour ainsi obtenir des rendements identiques. Une stratégie d'investissement qui n'est pas reproductible n'est pas, à mon sens, une bonne stratégie. Du moins, elle ne devrait pas être recommandée à l'investisseur moyen. Les stratégies de Warren Buffett et de Peter Lynch ont certes procuré des rendements fantastiques à long terme, mais on est malheureusement dans l'obligation d'admettre que leur degré de fidélité est très bas. Si l'on était en mesure de reproduire exactement, avec fidélité, les démarches d'investissement qui ont fait de Lynch et de Buffett des gens riches et célèbres, on serait millionnaire dans le temps de le dire. Deux investisseurs qui mettent en oeuvre, aujourd'hui, les principes enseignés par Lynch, auront très peu de chances d'arriver au même portefeuille. Il en est de même pour la stratégie de Buffett. Les probabilités sont mêmes très faibles qu'ils puissent avoir en commun un même titre boursier dans leur portefeuille respectif. Si c'était le cas, les chances seraient encore plus minces qu'ils se débarrassent du titre le même mois, voire la même année. En revanche, la stratégie qui consiste à acheter tous les titres (il y en a 30) de l'indice Dow Jones, en consacrant le même montant d'argent à chacun et en conservant ce portefeuille durant 10 ans, est une stratégie parfaitement fidèle. Deux investisseurs qui s'ignorent (l’un au Canada et l’autre en France) et qui appliquent cette stratégie obtiendront exactement le même rendement. La méthode du Dow Jones est parfaitement fidèle, les méthodes de Lynch et de Buffett ne le sont que très peu, pour ne pas dire aucunement. La suite à
venir la semaine prochaine… Pour consulter les chroniques précédentes "Les meilleures stratégies", cliquez ici
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