Quelle est la meilleure approche pour investir dans les titres de micro-capitalisation?

Très peu d'analystes de firmes de courtage s'intéressent à ce type d'entreprises.

*Chronique extraite du livre "Investir dans les titres de petites entreprises " de André Gosselin.

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S'il est un secteur ou l'on aurait besoin des compétences de gestionnaires professionnels, c'est celui des titres de micro-capitalisation. Très peu d'analystes de firmes de courtage s'intéressent à ce type d'entreprises. Ne comptez pas sur eux pour vous informer adéquatement et suffisamment sur ces titres. Moins de la moitié des entreprises de micro-capitalisation font l'objet d'un suivi de la part d'un analyste professionnel, il s'agit d'un secteur ou l'analyse fondamentale, les entretiens avec les dirigeants et les visites d'usines sont très importants. Comme l'écrivent Graja et Ungar, "les gestionnaires de fonds, quand il y en a, peuvent jouer un rôle particulièrement important dans le secteur des titres de micro-capitalisation, le plus indépendant de tous les secteurs par rapport aux mouvements macroéconomiques et la conjoncture économique générale. Puisque ces investisseurs professionnels ne peuvent pas se laisser flotter sur la vague des marches, leurs analyses fondamentales et autres études financières peuvent vraiment faire la différence. De fait, l'écart entre les meilleurs et les pires gestionnaires de fonds dans le secteur des titres de micro-capitalisation a tendance à être plus grand que ceux qu'on observe dans les autres secteurs de la gestion de portefeuille."

Les petits investisseurs qui sont habitués aux fonds de placement et qui s'y sentent à l'aise gagneront à recourir aux services d'un gestionnaire professionnel compétent, avant de s'aventurer dans le domaine périlleux des valeurs de petite capitalisation, en raison, surtout, du très grand nombre de compagnies à couvrir. Certains gestionnaires de fonds se sont taillé une bonne réputation parce qu'ils visitent jusqu'à 300 compagnies par année (on se demande quand ils trouvent le temps d'éplucher les rapports financiers..., dans les aéroports peut-être). Leurs talents de grands voyageurs et d'enquêteurs seraient fort appréciés par les investisseurs dans le secteur des petites capitalisations. Pour un grand nombre d'entre eux, c'est la seule façon d'obtenir l'information essentielle, pour ne pas dire privilégiée ou privée, leur permettant de faire de bons choix et de battre les indices de référence.

Les gestionnaires de fonds de petites capitalisations, dont Joel Tillinghest de Fidelity, estiment que les stratégies de placement qui fonctionnent bien pour les grandes compagnies fonctionnent aussi pour les petites. Cette règle est encore plus vraie pour l'analyse fondamentale axée sur la valeur ou la croissance. Pourquoi ? Parce que le marché des titres de petite capitalisation, dit Tillinghest, est moins efficient que celui des grandes et est moins couvert par les analystes financiers, de plus, le gestionnaire de petites capitalisations axé sur la valeur ou la croissance a besoin d'une quantité de renseignements moins importante que les autres pour profiter d'un avantage comparatif. Malgré tout, le gestionnaire professionnel a besoin d'aide pour faire son travail. II ne peut pas monter un portefeuille de 100 ou 200 titres (à supposer que le capital sous gestion soit modeste), sans l'apport d'une équipe de collaborateurs qui l'aideront à effectuer ses analyses fondamentales et à faire le suivi des entreprises sélectionnées. Aussi n'est-il pas rare de voir un gestionnaire de fonds de petites entreprises adopter une stratégie qui consiste à se doter d'un bon réseau d'informateurs: des courtiers régionaux par exemple, capables de répertorier les bonnes petites compagnies qui évoluent à l'échelle régional et qui, pour cette raison, sont inconnues de la plupart des investisseurs institutionnels et de Wall Street.

Pour les gestionnaires de portefeuilles, le processus de placement dans les petites firmes est à la fois plus simple et plus compliqué que celui adopté à l'égard des grandes firmes. Plus simple parce que les petites entreprises sont plus accessibles et plus faciles à comprendre que les grandes. Plus compliqué parce que les gestionnaires disposent de très peu d'études sur les titres de petite capitalisation réalisées par les analystes financiers professionnels, ce qui les oblige à faire eux-mêmes ce travail d'analyse.

Si une bonne analyse fondamentale d'une très petite entreprise vaut son pesant d'or, elle ne peut être effectuée selon les mêmes canons de l'analyse fondamentale d'une grande entreprise. L'analyse financière des titres de petite capitalisation, suivant la méthode standard des analystes financiers professionnels (notamment la méthode du dividend discount model) est à peu près impossible à appliquer dans ce domaine, estime Tillinghest.

Toujours selon ce dernier, adopter une stratégie qui mise sur les bénéfices surprises est aussi fort difficile et coûteux. Pourquoi ? Pour la simple raison que les petites firmes sont souvent jeunes et qu'elles n'ont pas un historique de chiffres d'affaires, de bénéfices et de dividendes assez long pour utiliser ces modèles. L'analyse typique d'une entreprise par une firme de courtage, qui doit déboucher normalement sur la prévision des ventes ou des bénéfices pour le prochain trimestre ou la prochaine année, est difficilement praticable en ce qui concerne les petites entreprises.

Comment s'en tire l'investisseur individuel dans cette situation? Comment peut-il profiter des très bons rendements qu'offrent les valeurs de micro-capitalisation sans se perdre dans les dédales des analyses fondamentales compliquées et arides? Étant donné que les analystes financiers et les firmes de courtage offrent très peu de matière à ce sujet, par ou commencer?

Compte tenu du très grand nombre de titres de micro-capitalisation que l'on trouve dans les marches américain et canadien, et du peu d'analyses fondamentales dont nous disposons sur cette catégorie d'entreprises, la meilleure méthode pour l'investisseur indépendant dans sa quête de bons rendements dans ce secteur est la méthode automatique popularisée par James O'Shaughnessy. Malheureusement, comme nous l'avons dit, la méthode de ce dernier ne propose aucune grille d'analyse permettant de sélectionner de manière simple, mécanique et systématique les titres de micro-capitalisation qui, chaque année, sont susceptibles d'offrir le meilleur rendement.

Pourtant, à mon avis, il est possible de mettre au point une stratégie semi-passive ou mécanique d'investissement, comme celles de O'Shaughnessy, qui fonctionnerait dans le monde de la micro capitalisation.