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Stratégie d'investissement dans les petites capitalisations L'investisseur qui ne craint pas d'investir dans le marché des petites capitalisations peut s'attendre à obtenir un rendement annuel moyen variant entre 11% et 15%. *Chronique d'André Gosselin V-P d'Orientation Finance. La conjoncture boursière des dernières années n'a jamais été aussi favorable pour l'investissement dans les grandes entreprises. En 1999, nous en étions à la quatrième année consécutive où les titres des très grandes compagnies américaines ont procuré un rendement annuel de plus de 20%. En trois quarts de siècles, on n'a jamais assisté à une aussi profitable séquence de quatre années de suite pour les titres de grande capitalisation¹. Avec la mondialisation des marchés et la libéralisation des échanges économiques, il n'est pas interdit de penser que nous entrons dans un âge d'or des grandes sociétés multinationales. Mais qu'en est-il alors des petites entreprises? N'y a-t-il plus d'espoir de ce côté pour les investisseurs? L'investisseur qui ne craint pas d'investir dans le marché des petites capitalisations peut s'attendre à obtenir un rendement annuel moyen variant entre 11% et 15%. À condition bien sûr d'avoir un horizon d'investissement à long terme. Seulement aux États-Unis, les titres ayant une valeur boursière de moins de 125 millions de dollars ont procuré un rendement annuel moyen composé de 13,1% en trois quarts de siècles (1926 à 1999). Les très grandes entreprises (le groupe des 10% les plus capitalisées) n'ont pas un rendement historique aussi enviable : 10,4% de rendement annuel composé en près de 75 ans. On se dit qu'il suffit de sélectionner les moins pires des titres de PME pour réaliser une performance qui se rapprochera du chiffre magique de 15%. Ou plus simplement, de choisir le meilleur fond de placement dans les titres de petite capitalisation. Cette dernière stratégie risque d'en décevoir plus d'un, pour deux bonnes raisons. La première est que les fonds de placement qui réalisent de très bon rendements sur un an ou deux répètent très rarement leur exploit les années suivantes. La seconde est que le domaine des petites entreprises, pour des raisons de liquidité et de volumes de transaction, est un paradis interdit aux investisseurs institutionnels et aux gestionnaires de fonds. Quand ils ambitionnent d'investir dans les petites entreprises (celles qui forment le groupe des 10% ou 20% les plus petites sur un marché), les gestionnaires de fonds sont comme des éléphants dans un magasin de porcelaine. Impossible d'y pénétrer sans tout casser. Avec les capitaux dont ils disposent, leur seule intention d'acheter ou de vendre des actions d'une très petite entreprise peut aussitôt, selon le cas, faire grimper ou chuter les cours. Investir dans un fonds de placement dédié aux petites entreprises ne vous fera pas profiter des rendements supérieurs obtenus depuis 75 ans par les petites entreprises. Les gestionnaires de fonds de placement peuvent vous faire croire qu'ils ne placent votre argent que dans des entreprises de petite taille, mais en réalité ils ne peuvent qu'acheter des actions d'entreprises de moyenne et grande taille. D'ailleurs, s'ils pouvaient vraiment investir dans de vraies petites entreprises, ils afficheraient de meilleurs rendements que ce qu'ils nous donnent à voir. En revanche, les investisseurs individuels et autonomes sont les seuls à pouvoir vraiment investir dans le marché très rentable des très petites entreprises, sans perturber complètement la volatilité de ce marché. Ce n'est qu'en gérant lui-même son portefeuille d'actions que l'investisseur réussira à pénétrer le marché des micro-capitalisations. Il doit toutefois bien comprendre que les petites entreprises sont en soi moins diversifiées que les grandes. Elles évoluent sur peu de marchés parce que leurs activités sont centrées sur un ou deux produits seulement. Les grandes compagnies reposent généralement sur plusieurs créneaux, plusieurs industries et plusieurs produits. Une seule grande entreprise peut être parfois plus diversifiée qu'un ensemble de 5 ou 10 petites entreprises indépendantes. De plus en plus de sites Internet offrent aux investisseurs individuels les outils de recherche et les modes d'emploi qui leur permettent d'investir directement dans les entreprises de petite taille, sans nécessairement avoir recours aux fonds communs de placement. Avec les courtiers à escompte et en ligne d'un côté, et les sources phénoménales d'information sur l'Internet de l'autre, l'investisseur individuel possède plus que jamais les ressources et les facilités pour investir directement dans les firmes de taille modeste. Avec le développement des marchés boursiers électroniques et virtuels, le nombre des petites entreprises inscrites à la Bourse croit de façon exponentielle. Bien que l'on ait des bonnes raisons d'êtres sceptiques quant à ses chances de survie, le maintien d'un marché de très petites capitalisations à la Bourse de Montréal ne pourra satisfaire l'investisseur québécois que s'il gère lui-même son portefeuille d'actions de très petites PME. Les règles à suivre Selon nous, les six grands principes d'une bonne stratégie d'investissement, validée et éprouvée, dans les titres de petite capitalisation sont les suivants :
Le critère de l'âge ici est assez simple à comprendre : il consiste à éviter les titres qui en sont à leurs premiers pas sur le marché de la Bourse. Comme plusieurs chercheurs l'ont montré, les rendements sur cinq ans des compagnies qui ont lancé un premier appel public à l'épargne est assez exécrable dans l'ensemble. Vaut mieux les éviter. À moins que vous ayez une stratégie éprouvée et disciplinée d'investissement dans les titres IPO. Le critère de la valeur est aussi fort important. L'idée reçue selon laquelle une stratégie d'investissement dans les small cap doit nécessairement rechercher des compagnies en forte croissance, peu importe le prix à payer, doit être mise au rancart. Les aubaines sur le marché des actions se mesurent de plusieurs façons, et on pourrait retenir aussi bien le multiple des cours/valeur comptable que celui des cours/ventes annuelles ou des cours/bénéfices. La recherche académique a montré la plus grande pertinence, fiabilité et objectivité des deux premiers critères par rapport au troisième, malgré le fait que le ratio C/B soit de loin le plus populaire de tous. Une raison de plus d'aller à contre-courant. Pour ma part, je choisi le multiple cours/ventes, qui consiste tout simplement à diviser le cours de l'action par les ventes annuelles par action. La variable du momentum des cours boursiers a un pouvoir de prévision du prix des actions qui a été assez bien démontré par la recherche, notamment lorsque les titres connaissent une progression largement supérieure au marché sur les 6 à 12 derniers mois. Ce facteur me paraît assez important dans une stratégie d'investissement dans les titres de petite capitalisation, pour la simple et bonne raison que l'univers des PME n'a pas les volumes de transaction boursière des plus grandes entreprises. Il est très décourageant de voir un titre qui suscite peu de volumes d'échanges et d'intérêt de la part des vendeurs comme des acheteurs potentiels. Le momentum des cours introduit, dans une stratégie d'investissement de type small cap ou micro-cap, un élément dynamique qui ne peut qu'attirer l'attention des investisseurs. À défaut d'avoir des volumes de transaction stimulants, un titre doit au moins manifester du mouvement dans ses cours récents. Les principes 4 et 5 ont aussi une fonction intéressante dans une stratégie intégrée d'investissement, tout en étant en soi des critères qui permettent de battre le marché. Ils constituent, certes, les facteurs les plus difficiles à mettre en pratique, car les titres de petite capitalisation et, surtout, de micro-capitalisation, ne sont pas tous suivis par un analyste. Malgré le caractère quelque peu subjectif de ces critères, il est possible de les utiliser de façon mécanique afin de respecter l'exigence de fidélité ou de "reproductibilité" d'une bonne stratégie. Le dernier principe concernant les transactions d'initiés semble constituer, selon le professeur Seyhun, une alternative très valable aux critères des bénéfices surprises et des révisions des profits par les analystes. Selon les conclusions de sa recherche, une bonne stratégie d'imitation des transactions d'initiés est même supérieure au critère des bénéfice surprises, surexploité du reste par les investisseurs institutionnels depuis quelques années. Bien que l'identité ou la fonction des initiés dans la hiérarchie de l'organisation soit moins essentielle à prendre en compte dans les petites compagnies que dans les grandes, on peut quand même mettre l'emphase sur les transactions des membres de la haute direction impliquant des achats de 1,000 actions et plus. L'accent devra aussi être mis sur les entreprises où il n'y a pas eu, lors des 12 derniers mois, de conflits dans les transactions d'initiés : que des achats ou, encore, que des cas où l'on observe une majorité de 5 initiés qui achètent par rapport au nombre d'initiés qui vendent. ¹Données qui proviennent de Ibbotson Associates, Stocks, Bonds, Bills, and Inflation 1999 Yearbook, p. 9
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