Top-down et bottom-up!

L’analyse financière d’une entreprise peut se faire suivant deux approches selon André Gosselin.

* Source : Livre : « Investir dans les titres de petites entreprises», écrit par André Gosselin, aux éditions Transcontinental.

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  1. L’approche dite descendante ou top-down, donc de haut en bas, généralement réalisée en trois étapes: l'étude de l'économie à l’échelle nationale ou internationale, l'examen d'un secteur indus­triel en particulier et l'analyse d'une entreprise au sein de cette industrie;
  2. L’approche dite ascendante ou bottom-up, de bas en haut, qui con­siste moins à faire le chemin inverse qu'à sélectionner des titres sans attacher une grande importance à l'examen d'un secteur industriel ou à l'étude de la conjoncture économique d'ensemble d'une société.
Les partisans de l'approche descendante ou top-down (certains par­lent de l'approche E-I-C pour economic-industry-company approach75) croient que la conjoncture économique générale (qu'on appelle aussi la macro-économie) et la vigueur d'un secteur industriel donné ont un effet considérable sur le rendement d'un titre en particulier. C'est pourquoi, selon eux, il est nécessaire d'effectuer une certaine recherche sur ces deux plans d'analyse afin de choisir des valeurs pour son portefeuille.

Les avocats de l'approche ascendante ou bottom-up, tels Warren Buffett ou Peter Lynch, soutiennent, qu’il est possible de trouver des entreprises extraordinaires dont le titre en Bourse est sous-évalué par le marché, et que ces entreprises ont un potentiel de croissance supérieur à la normale en dépit de l'état de santé de leur secteur industriel ou de l'économie en général. En somme, l'approche ascendante recommande d'acheter des titres de compagnies qui sont relativement autonomes par rapport à leur environnement économique et qui on la capacité de s’autodévelopper par leurs propres moyens.

Dans les deux premiers livres de la série L’Amérique boursière sur l'investissement dans les titres de valeur et dans les titres de crois­sance, j'ai surtout présenté des stratégies qu'on pouvait classer dans la famille des approches ascendantes. Graham, Buffett, Dreman, O'Shaughnessy, Lynch, Fisher, O'Neil, la lettre financière Value Line et même la National Association of Investors Corporation (ou la Canadian Shareowners Association) sont des noms qu'on ne peut pas associer à une approche descendante. À la limite, certains d'en­tre eux peuvent porter un certain intérêt à l'état de santé, aux cycles ou à la vigueur d'une industrie particulière. Jamais, toutefois, leur stratégie respective n'implique que l'on pose un diagnostic précis sur la conjoncture économique à l'échelle nationale ou internationale.

La très grande majorité des analystes financiers à l'emploi des firmes de courtage ont une approche descendante d'évaluation des titres boursiers. L’approche descendante ou top-down est celle qu'on leur enseigne dans les universités et les écoles de gestion habilitées à former des analystes financiers reconnus. Quand vous achetez les actions d'une entreprise à la suite de l'une de leurs recommanda­tions, vous êtes un investisseur guidé par la méthode descendante. Pour cette seule raison, il importe d'en savoir un peu plus sur cette approche, ses exigences, ses forces et ses faiblesses.

On constate que les firmes de courtage n'ont pas d'autre choix que de procéder par une approche descendante. Nombre de leurs clients et plusieurs entreprises avec lesquelles elles font affaire, lorsqu'il s'agit d'émettre des actions au public, sont des entreprises cycliques. Or, on ne peut investir avec succès dans les entreprises cycliques que si l'on adopte une approche qui permet de comprendre les cycles macro-économiques et industriels dans lesquels évoluent ces entreprises.

Ainsi, quand vous détenez des actions d’un grand fabricant d’automobiles (Ford, GM, etc.), vous savez que, durant une période d’expansion économique, les ventes et les bénéfices de la compagnie devraient croître, et le rendement de vos actions aussi. À l’inverse, en période de récession, les ventes et les profits devraient décroître, et la valeur des actions se stabiliser ou, pire, chuter. Déterminer la valeur future d’une entreprise cyclique exige donc une bonne analyse de l’environnement économique général et de son industrie d’appartenance.


André Gosselin, vice-président recherche Orientation Finance.