|
|
Top-down
et bottom-up!
Dans les deux premiers livres de la série L’Amérique boursière sur l'investissement dans les titres de valeur et dans les titres de croissance, j'ai surtout présenté des stratégies qu'on pouvait classer dans la famille des approches ascendantes. Graham, Buffett, Dreman, O'Shaughnessy, Lynch, Fisher, O'Neil, la lettre financière Value Line et même la National Association of Investors Corporation (ou la Canadian Shareowners Association) sont des noms qu'on ne peut pas associer à une approche descendante. À la limite, certains d'entre eux peuvent porter un certain intérêt à l'état de santé, aux cycles ou à la vigueur d'une industrie particulière. Jamais, toutefois, leur stratégie respective n'implique que l'on pose un diagnostic précis sur la conjoncture économique à l'échelle nationale ou internationale. La très grande majorité des analystes financiers à l'emploi des firmes de courtage ont une approche descendante d'évaluation des titres boursiers. L’approche descendante ou top-down est celle qu'on leur enseigne dans les universités et les écoles de gestion habilitées à former des analystes financiers reconnus. Quand vous achetez les actions d'une entreprise à la suite de l'une de leurs recommandations, vous êtes un investisseur guidé par la méthode descendante. Pour cette seule raison, il importe d'en savoir un peu plus sur cette approche, ses exigences, ses forces et ses faiblesses. On constate que les firmes de courtage n'ont pas d'autre choix que de procéder par une approche descendante. Nombre de leurs clients et plusieurs entreprises avec lesquelles elles font affaire, lorsqu'il s'agit d'émettre des actions au public, sont des entreprises cycliques. Or, on ne peut investir avec succès dans les entreprises cycliques que si l'on adopte une approche qui permet de comprendre les cycles macro-économiques et industriels dans lesquels évoluent ces entreprises. Ainsi,
quand vous détenez des actions d’un grand fabricant d’automobiles
(Ford, GM, etc.), vous savez que, durant une période d’expansion
économique, les ventes et les bénéfices de la compagnie
devraient croître, et le rendement de vos actions aussi. À
l’inverse, en période de récession, les ventes et
les profits devraient décroître, et la valeur des actions
se stabiliser ou, pire, chuter. Déterminer la valeur future d’une
entreprise cyclique exige donc une bonne analyse de l’environnement
économique général et de son industrie d’appartenance.
|