Près de 50% des variations des cours boursiers sont redevables aux conditions économiques générales.

Les prévisions macro-économiques visent surtout à évaluer l’incidence de la conjoncture écono-mique sur telle ou telle industrie.

* Source : Livre : « Investir dans les titres de petites entreprises », écrit par André Gosselin, aux éditions Transcontinental.

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Depuis le milieu des années 1960, près de la moitié des variations dans le cours des actions est redevable à des facteurs qui influent sur tout le marché des actions.
En somme, les conditions économiques générales, nationales et internationales, sont aussi importantes pour la croissance des valeurs mobilières que les conditions propres à chaque entreprise.

Les prévisions macro-économiques n’ont pas pour seul but de définir la meilleure répartition du portefeuille (entre obligations et actions notamment) ; elles visent surtout à évaluer l’incidence de la conjoncture économique sur telle ou telle industrie. C’est ce dernier aspect qui nous intéresse, et qui intéresse les analystes financiers qui doivent faire une recommandation d’achat ou de vente sur un titre donné.

L’analyse des conditions économiques générales est une tâche éminemment complexe et d'autant plus difficile qu'elle doit aboutir à une série de prévisions à court terme (de un an à trois ans) ou à moyen terme (de trois ans à cinq ans). Elle fait intervenir plusieurs facteurs que je me contenterai de décrire brièvement.

Mentionnons d'abord les politiques fiscales, monétaires et budgé­taires du gouvernement. Ces politiques peuvent encourager la con­sommation et l'investissement dans certains secteurs et réduire les élans des consommateurs et des entrepreneurs dans d'autres secteurs. Le gouvernement recherche la politique qui permettra d'engendrer les plus grands effets multiplicateurs, tout en essayant de maîtriser l'inflation.

Les enquêtes d'opinion auprès des investisseurs, des entrepreneurs et des consommateurs sont également un moyen pour les écono­mistes de connaître les intentions et les attitudes de ces acteurs économiques quant à l'avenir.

Les données comptables et statistiques compilées par des orga­nismes comme Statistique Canada ou le National Bureau of Economie Research des États-Unis sont une autre source précieuse de renseignements. On dispose en Amérique du Nord de plus d'une centaine d'indicateurs ou de baromètres statistiques pour prendre le pouls de l'économie. Les principaux indicateurs sont généralement publiés et mis à jour par les journaux et magazines financiers. Ces indicateurs ne sont pas faciles à interpréter et donnent souvent des signaux contradictoires quant à la vigueur de l'économie et à sa ten­dance de fond.

Les tendances de fond, à long terme, de l’économie

Les petits investisseurs sont souvent déroutés par les prévisions à court terme des économistes. Ils ont l’impression d’être plongés dans une mer de chiffres et de statistiques très difficiles à interpréter. Sans nier l’importance de prévoir les mouvements de l’économie, ils préfèrent qu’on les entretienne sur les forces économiques, sociologiques, démographiques et technologiques qui vont dominer nos sociétés pour les 10 ou 20 années suivantes.

Les Nostradamus du marketing et de l’économie profitent beaucoup de la tendance naturelle des investisseurs à vouloir désigner les industries qui profiteront des changements dans les modes et les styles de vie des individus et des consommateurs. Des milliers d’investisseurs américains ont été séduits, au début des années 1990 par les thèses de Faith Popcorn sur le cocooning des sociétés occidentales, c’est-à-dire le repli des ménages vers le confort de la vie privée et du foyer. Ils ont tiré des prévisions personnelles sur les industries qui pouvaient profiter de cette tendance sociale. Ceux, par exemple, qui ont prévu, en 1990, que le cocooning engendrerait une explosion du réseau Internet et qui ont capitalisé sur les actions des firmes Internet ont amassé de beaux profits, surtout s’ils ont su vendre leurs actions avant que la fièvre spéculative sur les titres Internet ne leur fasse subir quelques corrections d’envergure.


André Gosselin, vice-président recherche Orientation Finance.