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L'être humain a une tendance naturelle à se former très rapidement une opinion sur une personne, une chose, un événement *Extrait du volume « Investir en bourse et s’enrichir » de l’auteur Bernard Mooney Commander en ligne le volume de Bernard Mooney L'être humain a une tendance naturelle à se former très rapidement une opinion sur une personne, une chose, un événement. C'est un moyen «économique» d'évaluer une situation. Toutefois, poussé trop loin et mal fait, cela mène à des erreurs graves - surtout si ces raccourcis psychologiques sont basés sur des préjugés. Je me rappelle, par exemple, que dans ma jeunesse un homme aux cheveux longs était immédiatement étiqueté comme étant contestataire et/ou voyou. Aujourd'hui, heureusement, on ne fait pratiquement plus ce raccourci ridicule. Également, pour plusieurs, la tenue vestimentaire mène à des conclusions hâtives: la personne au complet chic est étiquetée comme étant sérieuse et fiable (j'ai rencontré tellement de personnages imbéciles et peu intègres en complet que ce vêtement ne m'impressionne plus du tout) et celle qui porte un jean est vue comme paresseuse et/ou oisive (ce dernier préjugé est beaucoup moins répandu depuis quelques années.). Ce genre de raccourcis fait partie du bagage de l'être humain et il peut jouer des tours à l'investisseur. Voici quelques exemples: Un grand succès boursier provoquera des généralisations du genre: « C'est le prochain Microsoft. » Fuyez comme la peste de telles affirmations. Je me rappelle qu'on disait de Queensway Financial qu'elle était un petit Fairfax Financial. C'était pendant la vague favorable aux compagnies d'assurances de 1995-1998. Queensway a été fondée par un ancien dirigeant de Fairfax (David Rooney). La compagnie a épousé des valeurs semblables et à peu près le même modèle d'affaires. Son rapport annuel est même calqué sur celui de Fairfax. Sauf que David Rooney n'était pas la raison ou le moteur derrière le succès de Fairfax (c'est plutôt Prem Watsa) et il était plutôt farfelu de faire le raccourci suivant:
Queensway n'était pas Fairfax. Un coup d'oeil au rapport annuel de 1997 aurait montré une société dont le rendement de l'avoir a été en moyenne de 14,5 % entre 1993 et 1997, ce qui est loin d'être impressionnant pour une société de la taille de Queensway. C'était suffisant pour soulever un sain scepticisme. Queensway a vécu de graves problèmes financiers en 2000 après une acquisition désastreuse aux États-Unis. Le titre est passé de plus de 40 $ en 1998 à 0,04 $, la société se dirigeant vers la faillite. En outre, tout le secteur de l'assurance a subi une violente baisse cyclique et les résultats financiers de Fairfax ont été très mauvais (en 1999 et en 2000). Plus personne ne parle du nouveau Fairfax... De la même façon, on aura tendance à généraliser en parlant des «titres Internet» ou des «titres technologiques» (sans vraiment spécifier ce que cela veut dire). Internet n'est pas une industrie en soi et le monde de la technologie est si vaste que parler de titres technologiques ne veut pratiquement rien dire. Un autre exemple de ce genre de raccourcis dangereux est l'acquisition d'une compagnie importante dans un secteur (par exemple la câblodistribution). Plusieurs investisseurs concluent qu'il y aura d'autres acquisitions et achètent aveuglément des titres de ce secteur. Ils justifieront de plus leur achat sur la base du prix payé dans le cas de l'acquisition. C'est de la pure spéculation, car rien ne dit qu'il y aura d'autres acquisitions et surtout pas au prix payé dans l'autre cas. Une autre facette du phénomène du raccourci est en jeu lorsque les investisseurs justifient une décision de placement en se fixant de façon obsessive sur une seule statistique. Par exemple, de nombreux investisseurs achèteront un titre uniquement parce que son ratio cours/bénéfice est peu élevé. C'est dommage parce qu'ils oublient que l'évaluation d'un titre est beaucoup plus que le simple cours/bénéfices (comme nous l'avons vu). J'ai moi-même longtemps cru que l'achat d'un titre à un prix inférieur à sa valeur comptable était une garantie de succès. J'ai appris à mes dépens qu'il s'agit là d'un raccourci dangereux, la réalité boursière étant plus complexe qu'un simple ratio financier. La réalité, c'est que la plupart des titres se vendant sous leur valeur comptable ne sont pas des aubaines. Ce sont des titres de compagnies peu rentables et dont la valeur comptable est le plus souvent gonflée au-delà de la réalité économique. J'ai bien dit «la plupart», car il peut arriver qu'un tel titre soit effectivement très intéressant. C'est pourquoi vous ne pouvez prendre ce ratio pour un indicateur fiable et unique. Vous devez évaluer chaque placement froidement selon ses propres mérites économiques. il n'existe pas de raccourcis pour cela... Bernard Mooney
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