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La table ronde annuelle de Barron's : profiter des recommandations de l'élite de Wall Street (3e partie) * Chronique de André Gosselin parue dans Finance et Investissement La taille des entreprises Certaines études ont montré que les aptitudes des bons investisseurs professionnels à sélectionner de bons titres sont surtout marquantes dans la catégories des titres de petites capitalisations, davantage que dans la catégorie des moyennes ou des grandes. Cela s'explique, à mon avis, en raison du fait que les petites entreprises sont plus faciles à comprendre que les grandes. Les investisseurs de talent ont sans doute aussi une meilleure capacité à trouver des titres sous-évalués chez les entreprises de petite taille plutôt que chez les grandes. Une chose est certaine: quand les vedettes de Barron's recommandent un titre de petite compagnie plutôt inconnue et négligée jusque là par Wall Street, on peut supposer que plusieurs analystes se mettront à scruter de près ce petit nouveau, et à en faire un rapport favorable à leurs clients si le titre est vraiment intéressant. D'ailleurs, j'ai fait un rapide exercice sur le rendement des titres de la table ronde de janvier 2000 de Barron's qui est peut-être l'indice d'une stratégie intéressante à adopter. J'ai compilé un panier d'actions que ne comptait qu'un seul titre par panéliste : celui dont le cours de l'action était le moins élevé. Ainsi, on peut supposer qu'il s'agissait de l'entreprise la plus petite parmi toutes celles que chaque panéliste pouvait conseiller. Or, le rendement de ce portefeuille a été de 34,9% sur les 12 mois de l'année 2000. C'est nettement mieux que les rendements négatifs des indices Nasdaq, Dow Jones et S&P 500, y compris ceux de petites capitalisations comme le S&P 600 Small Cap ou le Wilshire Small Cap qui n'ont rien donné de bon en 2000. Je suis bien conscient qu'il faudrait compiler les chiffres sur 10, 20 ou 30 ans pour en tirer une conclusion solide, mais il y a certainement une piste intéressante à explorer ici qui nous éviterait de rejeter du revers de la main toutes les recommandations d'achat (et toute la sagesse) des célébrités de Barron's. La mesure du rendement Mesurer la performance des gestionnaires de portefeuille est un art complexe et une science difficile, mais combien nécessaire et utile pour les investisseurs comme pour les institutions financières. Pour la plupart d'entre nous, un rendement supérieur à la normale veut dire un rendement supérieur aux indices les mieux connus du marché, que ce soit le Dow Jones, le S&P 500, le Nasdaq Composite ou le TSE 300. Les professeurs Desai et Jain n'ont pas choisi de comparer le rendement des recommandations des panélistes de Barron's avec ceux des indices connus. Afin de voir si les recommandations des vedettes de Barron's procurent un rendement supérieur au marché, les deux chercheurs ont procédé de la façon suivante : ils ont jumelé chaque titre recommandé avec un titre choisi au hasard ayant une capitalisation boursière pratiquement équivalente. Le rendement de chaque titre de Barron's était ensuite comparé avec le rendement de son titre étalon. Par l'addition des résultats, on pouvaient donc savoir si le rendement des recommandations de Barron's était, au total, supérieur ou inférieur à celui d'un certain échantillon du marché. Les professionnels de la recherche universitaire aiment bien comparer des pommes avec des pommes, et des oranges avec des oranges. Comme la capitalisation boursière des entreprises est le principal facteur qui, selon eux, peut biaiser les résultats, ils prennent grand soin de comparer chaque recommandation avec l'item qui s'en rapproche le plus. Cette méthode de mesure du rendement a ses avantages, mais elle a aussi ses inconvénients. Au chapitre des avantages, elle permet de faire des observations précises sur la performance de chaque participant à la table ronde annuelle de Barron's. C'est ainsi qu'on peut apprendre que les recommandations de deux vétérans comme Mario Gabelli et Walter Mintz ont généré des rendements excédentaires à la normale de 8,6% et 10,9% respectivement sur des périodes de 12 mois, et de 16,4% et 13% sur des périodes de détention des titres s'étalant sur 24 mois. Gabelli a réussi à faire mieux que son portefeuille de référence (celui confectionné par les chercheurs) pour seulement 6 années sur 12, alors que Mintz a réussi cet exploit 10 années sur un total de 14. Malheureusement, la méthode de mesure du rendement des deux chercheurs ne rend pas justice à ceux qui ont cherché à faire mieux que le marché boursier en général en recommandant, par exemple, des titres de petite capitalisation. En effet, il est bien possible qu'un panéliste de Barron's ait recommandé un panier d'actions de petites entreprises en misant sur le fait que ce secteur pouvait faire mieux que les compagnies de taille moyenne ou grande, et donc que les indices Dow Jones et S&P 500. Même si notre
gestionnaire a réussi à faire mieux que le marché
dans son ensemble plusieurs années de suite, la méthode
d'évaluation de performance des professeurs Desai et Jain pourrait
leur faire conclure qu'il n'a pas réussi à battre les titres
de référence du secteur des petites capitalisations. Faut-il
alors en conclure que les lecteurs de Barron's n'ont pas profité
des recommandations de cet expert et de sa capacité à bien
identifier les secteurs ayant le plus de potentiel? Je ne le crois pas. Consultez également la 1ère partie et la 2e partie de "La table ronde annuelle de Barron's : profiter des recommandations de l'élite de Wall Street".
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