La philosophie de Giverny Capital, quoique rationnelle, ne cadre pas avec l'approche conventionnelle de gestion de portefeuille

Et le risque?

"Risk comes from not knowing what you are doing." - Warren Buffett

Le risque n'est pas lié à la volatilité des titres en Bourse ou même au nombre de titres dans le portefeuille. Le risque est lié d'abord et avant tout au gestionnaire, à sa compréhension des activités des compagnies ainsi que dans son niveau de jugement de la haute-direction. Le gestionnaire de Giverny Capital, François Rochon, a une aversion du risque. Les compagnies qu'il choisit doivent posséder un bilan solide comme du roc, un modèle d'affaires exceptionnel et des dirigeants honnêtes et travaillant pour le bien des actionnaires. Aussi, le prix payé pour les actions de ces compagnies doit être fortement inférieur à leurs valeurs intrinsèques. Ainsi, une marge de sécurité importante doit exister tant dans les qualités des compagnies que dans le prix payé en Bourse. Avec 15 à 20 compagnies de ce calibre, le risque inhérent du portefeuille - sur plusieurs années - est très faible, plus faible surtout qu'un fonds géré avec un œil sur les côtes boursières quotidiennes.

Post-scriptum

Après tant de belles paroles et de sages dictons sur le placement, la question suivante est "Pourquoi alors, tout ceci étant connu depuis belle lurette, tant de professionnels (et d'amateurs) continuent-ils à échouer au lieu de suivre cette recette si facile?".

Laissons encore une fois la parole aux grands maîtres. En 1936, Lord Keynes écrivit ceci :

"…It happens that the energies and skill of the professional investor are mainly occupied in not making superior long-term forecasts as the probable yield of an investment over its whole life but with foreseeing changes in the conventional basis of valuation a short-time ahead of the general public. They are concerned, not with what an investment is really worth to a man who buys it for keeps, but with what the market will value it at, under the influence of mass psychology, three months or a year hence… It is the long-term investor, he who most promotes the public interest, who will in practice come in for most criticism…For it is in the essence of his behaviour that he should be eccentric, unconventional and rash in the eyes of the average opinion. If he is successful, that will only confirm the general belief in his rashness; and if in the short run he is unsuccessful, which is very likely, he will not receive much mercy. Worldly wisdom teaches that it is better for reputation to fail conventionally than to succeed unconventionally…"

Ainsi, la philosophie de Giverny Capital, quoique rationnelle, ne cadre pas avec l'approche conventionnelle de gestion de portefeuille. Posséder peu de titres, éviter certains secteurs que l'on ne connaît pas et ignorer les fluctuations à court terme de la Bourse est pourtant une approche sensée. Mais une telle attitude ne suit pas les "directives" de l'industrie et ainsi ne peut s'adresser qu'à des gestionnaires (et donc à des clients) qui préfèrent s'enrichir de manière non conventionnelle que de faire environ la moyenne… et d'avoir le réconfort de pas faire pire.

Le gestionnaire Giverny Capital ne veut pas éviter de faire pire. Il veut faire mieux, beaucoup mieux. Et comme dirait John Templeton : "Il est impossible de réaliser une performance fortement supérieure à la moyenne à moins de faire quelque chose de différent de la majorité des investisseurs."

Nous vous invitons à consulter les chroniques :

Une philosophie de placement somme toute simple mais fort peu répandue (1ère partie)

Une philosophie de placement somme toute simple mais fort peu répandue (2e partie)