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La rentabilité de la vente à découvert


Avant de vendre à découvert, disait Peter Lynch, il vous faut plus qu’une conviction que la compagnie est au bord du désastre. Il vous faut la patience, le courage et l’argent nécessaire pour tenir bon si jamais le titre ne chute pas, ou pire, s’il monte.

«Les actions dont le cours est supposé baisser mais ne baisse pas, écrit-il avec l’humour qu’on lui connaît, me rappellent ces personnages de dessins animés qui ne tombent pas des falaises mais continuent à marcher dans les airs. Tant qu’ils ne prennent pas conscience de leur situation difficile, ils restent indéfiniment là-haut».

Il y a donc beaucoup d’investisseurs, qui perdent des sommes importantes à essayer de faire de la vente à découvert. Espérons que ce ne sont pas les mêmes que ceux qui ont perdu leur chemise avec l’éclatement de la bulle des technos, et qui tentent de se refaire par le moyen de la vente à découvert.

C’est probablement pour cette dernière raison, entre autres, que certains investisseurs audacieux décident de les vendre à découvert. Aussi remarquables soient-elles, les actions de ces compagnies se vendent à un prix trop élevé, croient-ils généralement.

Ainsi, il semble qu’une stratégie de vente à découvert très prisée chez nos voisins du sud vise carrément les compagnies les plus populaires. On ne peut pas être davantage à contre-courant. Ces investisseurs font simplement le pari que les titres les plus populaires sont toujours trop chers, et que tôt ou tard ils retrouveront un cours plus normal. Un pari que Peter Lynch trouverait sans doute trop risqué.


On compte à peine une dizaine d’études sur les rendements de la vente à découvert. La grande majorité démontre que cette stratégie d’investissement, telle qu’elle est pratiquée sur les marchés américains, est une activité rentable. Ceux qui s’adonnent à la vente à découvert, observent les chercheurs, sont des investisseurs plus compétents et informés que la moyenne, et les rendements de leurs portefeuilles en font foi.

Les deux recherches les plus intéressantes et exhaustives, à ma connaissance, ont porté sur les marchés de l’AMEX et du NYSE pour la période 1976-1993 (Dechow et al.), et le marché du Nasdaq pour la période 1988-1994 (Desai et al.). Dans les deux cas, les chercheurs ont montré que les titres les plus vendus à découvert (quand on compare la proportion de leurs actions vendues à découvert avec leurs volumes d’actions en circulation) génèrent effectivement des rendements négatifs et donc, en apparence, des profits pour les vendeurs à découvert. Et n’oublions pas qu’ils ont réussi cet exploit dans un marché fortement haussier.

On imagine très bien que leur performance fut encore meilleure avec la chute des marchés en 2000, 2001 , 2002, et 2008.
André Gosselin Ph.D fondateur de la philosophie de gestion d'Orientation Finance. 

Références :
Dechow, P.M., Hutton, A.P., Meulbroek, L., et R.G. Sloan, “Short sellers, fundamental analysis and stock returns”, Journal of Financial Economics, 61, 2001, p. 77-106.

Desai, H., Ramesh, K., Thiagarajan, S.R., et B.V. Balachandran, « An investigation of the informational role of short interest in the Nasdaq market”, 2001, à paraître dans le Journal of Finance.

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Rendements au 31/07/2010

Portefeuilles
boursiers

12 mois
%
Composé depuis le début %
Canadiens ($Can)
Valeur en momentum
19,6 14,7
Dividende 21,2 14,1
Américains ($US)
Extrême valeur 27,6 16,0
Dividende 20,1 4,0
International ($US)
FNB tendance
international
7,6 5,0
Portefeuilles équilibrés
Tactique Plus -2,4
9,3
Comptes gérés
boursiers ORF
Fonds de gestion 1 an
%
annualisé
%
Obligations 5,2
n/d
Indice ORF acheteur/vendeur 0,9
6,0
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