La perception des investisseurs est très négative envers les bourses de la zone euro. Ils ont raisons d’adopter cette attitude : Cela fait presque 2 ans que les mauvaises nouvelles arrivent de cette zone, hantant les marchés financiers et provoquant d'importantes baisses boursières en Europe et des impacts négatifs sur les bourses mondiales.
Conséquences : Le ratio cours/bénéfices des 500 plus importantes sociétés est de 12.6 fois (au 8 février 2012), ce qui représente une escompte de 22% sur les ratios historiques d'après-guerre. En France et en Allemagne, les cours se transigent encore moins chers:10.5 fois les profits.
Les investisseurs ont de fortes craintes que la récession en place dans la majeure partie des pays de la zone euro ne justifie cette sous-évaluation. Toutefois, il est surprenant que les profits des sociétés européennes continuent leur croissance malgré ces récessions.
Selon un sondage effectué par Bloomberg auprès d'un grand nombres d'économistes et d'analystes, la hausse des profits serait de 5% par année en 2012 et 2013. Cette prévision serait possible, car près de 50% des revenus des grandes sociétés européennes proviennent de l'étranger, et les marges bénéficiaires sont bien gérées.
Les investisseurs auraient avantage à ne pas négliger les bourses européennes dans leur portefeuilles. La reprise des marchés est déjà amorcée, mais elle est encore fragile. Comme les bourses anticipent 3 à 6 mois d'avance le comportement de l'économie et que les économistes prévoient une courte récession pour ces pays, le potentiel de gain est élevé mais volatile.
Jean-Luc Charest et William André Nadeau
Gestionnaires de portefeuilles